Rechercher sur AfrikBlog

Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, d'une Afrique des Africains plus solide face à la violence des impérialismes ? Vous militez pour un continent démocratique et indépendant ? Moi aussi. Marchons d'un même pas.

31 mars 2007

Ségo, Sarko, Bayrou, Buffet, Le Pen ?

A RT, qui me demandait pour qui je voterai le 22 avril, en tant que citoyen français natif de Charleville-Mézières et patriote africain rêvant de relations plus saines entre Paris et le continent, je proposais un marché. Je "passe" à table si plus de dix d'entre vous font leur coming out et nous confient pour qui ils voteront (s'ils sont de nationalité française) ou pour qui ils voteraient (s'ils ne le sont pas). Plus bas, un lien vers un article que j'ai écrit dans Le Courrier d'Abidjan (et qui a été repris par plusieurs sites Internet) il y a quelques semaines sur "le programme africain" africain des candidats à l'Elysée.

http://www.togocity.com/article.php3?id_article=1914

A vos claviers, c'est le week-end !!!

Posté par kouamouo à 02:41 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2007

«Péril» jeune sur l’Afrique !

La vaste transition (politique, économique et culturelle) dans laquelle la fin de la guerre froide et l'accélération de la mondialisation ont engagé le continent africain n'en finit pas d'accoucher de mutations tout aussi inattendues les unes que les autres. La démocratisation à marche forcée en fait partie. Elle traumatise les possédants, elle exaspère, surtout dans les territoires historiques de la Françafrique, une élite dirigeante nostalgique des trente années de "tranquillité" offertes par la période de glaciation où le pouvoir et les révolutions de palais venaient de Foccart, rien que de Foccart...

Cette satanée ère nouvelle énerve parce qu'elle met en lumière des catégories sociales jusque là paralysées ou instrumentalisées de manière monolithique : la plèbe et la jeunesse. Ce sont des "sans-culottes" imberbes ayant le ventre vide et l'injure facile qui ont fait chuter Moussa Traoré au Mali, Robert Guéi en Côte d'Ivoire. Sans eux, la "marche bleue" n'aurait jamais conduit Abdoulaye Wade au Palais de l'Avenue de Roume. En Côte d'Ivoire, c'est une partie d'entre eux qui constitue la piétaille de la rébellion. Ce sont eux les fameux patriotes insultant "le père et la mère de la France".

soroGuillaume Soro, secrétaire général de la FESCI de 1994 à 1998, a été élu "homme de l'année" en 1997. Dix ans plus tard, après avoir "dribblé" les "meilleurs vieux" de l'houphouétisme qui l'avaient recruté comme "chien méchant anti-Gbagbo", il vient de devenir Premier ministre. Il va décider qui, au sein du parti de Bédié - qui l'avait persécuté jadis - et de Ouattara - "pitbull" anti-FESCI quand il était Premier ministre -, sera membre du gouvernement...

Il célèbre dans la foulée ses "retrouvailles" avec Charles Blé Goudé, son successeur à la tête de la FESCI qui a été, jusqu'ici, le leader des centaines de milliers de jeunes qui s'étaient érigés en "bouclier de Gbagbo" et en "bataillon de la rue". Charles_Ble_Goude_1_3Un Blé Goudé qui encourage les jeunes à cesser de servir de faire-valoir pour les autres et à "taper le tam-tam" pour eux-mêmes. Au PDCI, Jean-Claude Atsé demande à Bédié de faire la promotion de la nouvelle génération, avec une tonalité où l'on sent poindre un brin de chantage...

En Côte d'Ivoire, les jeunes veulent-ils profiter de la guerre pour prendre le pouvoir et "tuer" la "gérontocratie" qui avait cours jusque-là ? Démocratie et démographie se conjuguent en réalité pour donner aux Africains nés dans les années 1970 et 1980 plus d'importance dans le jeu politique. Ils représentent près de 70% de l'électorat. Dans les urnes, dans la rue, sur les théâtres de guerre éventuellement, ils sont majoritaires. "Youth power", peuvent-ils légitimement crier.

Leur émergence est à la fois porteuse de dangers et d'espoirs. Pauvres, mal structurés, souvent ambitieux et trop pressés, sans conscience de classe (d'âge), ils peuvent se déchirer pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. Guillaume Soro, au départ pur produit de la colère d'une "génération sacrifiée" à la fois par le parti unique et le système françafricain, s'est vite transformé en bras armé des démembrements de l'ancien parti unique et d'une ancienne puissance coloniale refusant le changement dans son pré carré. Jouera-t-il désormais sa propre partition et celle de sa génération ?

Cela ne saurait suffire de toute façon. Guillaume Soro, qui n'a pas fini ses études et n'a pas d'expérience professionnelle, est à l'image de ses promotionnaires et de ses petits frères. Nombreuse et grouillante, la jeunesse africaine est sans qualifications ni repères. Elle a besoin d'être prise par la main par des "vieux pères" sages, ouverts et progressistes, qui canaliseraient son dynamisme, lui donneraient les armes nécessaires pour le combat de la vie, avant de lui transmettre le relais. Si elle ne le trouve pas, elle s'autodétruira quelque peu sur les chemins escarpés de sa destinée, mais finira bien par trouver sa voie toute seule. Ce n'est toutefois pas l'idéal.

Posté par kouamouo à 17:23 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2007

Y a-t-il un «vote noir» en France ?

L’hebdomadaire «afro-parigot» Jeune Afrique a eu un bon réflexe en commandant un sondage à l’Institut Ifop destiné à répondre à la question : «Pour qui votent les Français d’origine africaine ?». Les résultats de l’enquête sont sans appel. Les citoyens français originaires du continent sont très majoritairement sympathisants socialistes. 57% d’entre eux comptent élire Ségolène Royal, tandis que 19% choisissent François Bayrou et que seulement 11% vote pour Nicolas Sarkozy, pourtant en tête de tous les sondages quand il s’agit de l’ensemble de la population française. Suivent les nombreux candidats de l’extrême gauche et du mouvement altermondialiste, qui se partagent près de 12% du vote des Français d’origine africaine. Bon à savoir, les Français d’origine subsaharienne sont plus nombreux à choisir Royal (70% contre 54% des originaires d’Afrique du Nord). Bon à savoir aussi, toute cette population électorale représente environ 2 millions de bulletins de vote, ce qui n’est pas négligeable sans pour autant être d’une importance centrale. Mais quand on sait que la présidentielle se jouera serré, il est évident que les candidats ne peuvent se désintéresser de cet électorat communautaire appelé de toute façon à «gonfler»… Les Français de naissance ou par acquisition ayant au moins un parent originaire d’un pays d’Afrique ont des intentions de vote bien particulières qui les distingue de l’électorat global en France. Cela signifie-t-il qu’il y a un «vote noir», et qu’il pourrait y avoir par voie de conséquence un «lobby noir» faisant pression sur les partis politiques en France ? Déjà, il ne faut pas oublier que les Antillais, qui font partie de l’aventure française depuis plusieurs siècles et sont à ce titre des Français de souche, sont eux aussi Noirs. Ils peuvent avoir des intérêts opposés à ceux de leurs «frères» venus de la terre de leurs ancêtres. Ils ne sont pas, loin de là, systématiquement hostiles aux thèses anti-immigrés de la droite dure et de l’extrême droite, même si les discriminations raciales les touchent quasiment autant que leurs voisins s’appelant Diop, Konaté, Kouadio ou Olomidé… Les Français d’origine africaine votent plus à gauche que la population globale. Dans une société qui se «droitise» toujours un peu plus, sont-ils en train de devenir une ressource politique relevant de la rente pour les socialistes, comme les Africains-Américains sont une clientèle électorale assez fidèle pour les démocrates aux Etats-Unis ? Peut-être. Souvent issus des classes défavorisées, se sentant stigmatisés par la droite, les Français d’origine africaine votent majoritairement à gauche. Ce qui ne signifie pas qu’il y a un «vote noir» dans l’Hexagone, comme il y a un «vote juif» influençant le positionnement des partis sur la question israélienne ou un «God factor» pointilleux sur les questions de moralité aux Etats-Unis. En France, les Noirs venus d’Afrique votent à gauche pour des raisons purement individuelles. Ils sont si peu organisés que la mise en commun de leur vote pour faire pression autour de tel ou tel sujet est quasiment nulle. Ils n’ont pas de médias de grande diffusion, pas de leaders charismatiques dont la voix fait vraiment mouche, pas d’associations fortes – le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) est à peine sorti des limbes qu’il est contesté. De plus, quand bien même les Noirs de France originaires d’Afrique auraient des instruments sérieux d’influence, ils ne pourraient pas vraiment faire avancer des causes africaines. Dans un conflit comme le conflit ivoirien, les voix Burkinabé et Ivoiriennes (par exemple) se neutraliseraient. Les Rwandais et les Congolais s’invectiveraient «devant les Blancs» autour de la crise dans les Grands Lacs. Pro-Kabila contre pro-Bemba, pro-Gbagbo contre pro-Ouattara, pro-Sassou contre pro-Lissouba… la communauté originaire d’Afrique en France est traversée par les mêmes scissiparités que l’Afrique elle-même. Il n’y a pas, en outre, de «cause africaine» sur laquelle l’unanimité est faite. Même des questions comme le départ des troupes françaises du continent et le soutien de Paris aux dictateurs – chacun ayant sa liste singulière de dictateurs à dézinguer – ne rallient pas une masse critique capable de peser. L’impasse du discours panafricain est à l’origine de bien des déconvenues du continent.

Posté par kouamouo à 13:29 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2007

Fausses références et fausses croyances

Ainsi, il nous est donné d’assister, en live, à la chute de la maison Banny ! Et quelle chute ! Les aficionados du truculent (et regretté) écrivain Mongo Beti penseront inéluctablement au titre d’un de ses romans : La ruine presque cocasse d’un polichinelle. Au-delà de la tentation de la formule ravageuse, l’étrange destin de Charles Konan Banny confirme, comme d’autres péripéties de la crise ivoirienne, que nous sommes en plein dans une «guerre du faux». Au-delà des faux nez, des masques, des discours mensongers et des différentes mystifications qui ont fini par se discréditer à l’épreuve du temps, des fausses références et des fausses croyances ont saturé notre champ symbolique, pour finalement s’échouer piteusement. Charles Konan Banny est une fausse référence qui vient de sombrer, condamné par les fausses croyances qu’il partageait avec ses (faux ?) amis.

Charles Konan Banny est fils de la perte de repères entraînée par le conflit ivoirien. Nostalgiques d’un ordre consensuel, lassés du ballet de ce qu’ils appelaient la «bande des quatre», tentés par le «tous pourris» et désireux de trouver une alternative aux leaders symbolisant la fracture nationale, certains Ivoiriens se sont laissés tenter par l’aventure Banny. L’intéressé a su en profiter et adopter une stratégie de positionnement en creux. Il fallait, dit-il, en finir avec la défiance, les intrigues. Il fallait pouvoir se faire confiance. Ce qui unissait les Ivoiriens, disait-il, était plus grand que ce qui les divisait. Bien entendu, en professant de loin ces évidences d’un ton convaincant et en laissant ses lieutenants officieux sur place dire à la fois aux patriotes, aux pro-rebelles et aux militants du PDCI ce qu’ils voulaient entendre, l’ancien gouverneur de

la BCEAO

s’est forgé une image peut-être floue mais avantageuse.

Banny est donc apparu à certains comme un homme attaché aux principes de

la République

sans être forcément un obligé du président Gbagbo. Certains ont cru voir en lui «le meilleur de l’houphouétisme». Ils se sont très vite rendus compte que Banny n’était pas du tout un homme d’Etat habité par le désir de grandeur de

la Côte

d’Ivoire, mais bien un conspirateur irrité par les symboles représentés par

la Constitution

et l’armée nationale. Ils ont vu en œuvre un adepte de la prestidigitation poussant le GTI dans le dos pour ensuite se présenter comme «l’homme de mission» appliquant «bêtement», comme son prédécesseur, les quatre volontés de la «communauté internationale».

Quelques-uns ont cru tenir en Banny un «technocrate» totalement étranger aux intrigues politiciennes de la grande boulangerie que constituerait la scène politique ivoirienne. Au final, ils sont les plus déçus. Ils ont vu un Machiavel au petit pied essayer d’utiliser sa position et les résolutions onusiennes y afférant pour imposer on ne sait quelle hégémonie. Tantôt avec quelques dissidents contre la direction du PDCI, tantôt avec le RHDP contre Gbagbo, instrumentalisant par moments l’exigence du désarmement (dont il se contrefichait, au fond) contre les rebelles, il s’est fait le roi des coups fourrés. Alors qu’il aurait pu s’en passer, il a voulu utiliser l’aubaine du scandale des déchets toxiques pour mettre la main sur

la Douane

, le Port, et engager le dépouillement symbolique du président Laurent Gbagbo. Contre tout bon sens, et en dépit d’une opinion pas si dupe que cela, il s’est engagé corps et âme dans la «révolution blanche», une sorte de tentative d’insurrection qui se serait soldée par un coup d’Etat militaro-civil. A chaque fois que ses propres erreurs l’ont isolé, il s’est réfugié sur «ses terres» de Yamoussoukro, développant ou laisser développer un discours ethnofasciste complètement ahurissant sur le trône du royaume qui serait laissé aux «porcs» au sang impur.

On prenait Banny pour un moderne, pour «le plus gentil des méchants». Ce n’est qu’un archéo, qui n’a tiré aucune leçon de l’aventure de son ami Seydou Diarra et qui a pensé, par fatuité, que ce qui arrivait aux autres ne pouvait pas lui arriver. Endormi par les discours de Jacques Chirac et du chef de la cellule africaine de l’Elysée, Michel de Bonnecorse, il a cru que

la France

mouillerait le maillot pour lui, que personne ne pourrait rien contre l’ancien colonisateur et que tous ceux qui, depuis des décennies, occupent le champ politique, se mettraient «à sa disposition». Il a surtout confondu la foule et le peuple, comme en témoigne sa dernière virée sur le campus avec des dirigeants de

la FESCI

voulant se faire remarquer par Gbagbo (y compris négativement), et par ailleurs trop contents de trouver un nigaud à déplumer. Banny s’en va ? Nous ne pleurerons pas !

Posté par kouamouo à 14:52 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 2007

La vie après la rébellion

L’actualité africaine de la semaine écoulée a été indubitablement marquée par la dernière «bataille de Kinshasa» entre l’armée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) et la milice privée de Jean-Pierre Bemba, dont les «soldats» dépenaillés ont fait le tour du monde des télévisions et des magazines. Faisant, une fois de plus, une contre-publicité terrible au pays de Patrice Lumumba et à tout le continent africain.

Le «cas Bemba» nous interpelle tous. Il nous ramène à une question fondamentale : quelle vie après la rébellion ? Quand on a pris les armes contre les autorités établies de son pays, quand on a dirigé des milliers de «chiens de guerre» dressés contre le pouvoir en place, quand on a exploité sauvagement le sol et le sous-sol d’une partie du territoire national au nom de «l’effort de guerre», comment peut-on se recycler ?

Tout dépend de l’issue de la belligérance. On peut gagner la bataille, et prendre le pouvoir. Dans ce cas, on devient un chef d’Etat comme les autres, et on appose sa signature au bas des déclarations scandalisées de l’Union africaine désapprouvant toute prise de pouvoir par des moyens anticonstitutionnels. Cela a été le cas pour Yoweri Museveni (Ouganda), Paul Kagame (Rwanda), Meles Zenawi (Ethiopie), Issayas Afeworki (Erythrée), Idriss Déby (Tchad), François Bozizé (République centrafricaine), etc… Il est aussi possible d’avoir un destin radicalement différent et de perdre la guerre engagée. Soit l’on est tué, soit l’on tente de se recycler dans un pays voisin en espérant que la bonne fortune se souviendra de nous, comme cela a été le cas pour le «guerillero historique», Laurent-Désiré Kabila. Troisième possibilité : on est inséré dans une processus de sortie de crise sous la houlette de la communauté internationale, et on choisit d’accepter la place que nous réservent à la fois les nécessaires compromis et le suffrage universel. C’est dans cette configuration que se trouve Jean-Pierre Bemba.

Agé de 45 ans, produit de l’aristocratie mobutiste, fils d’un milliardaire enrichi par le système, Bemba est entré en rébellion en 1998 contre Joseph-Désiré Kabila, en arrachant l’Equateur, sa région d’origine et fief des partisans de l’ancien régime, au nouveau pouvoir central. Son mouvement, qui s’est caractérisé par de nombreux crimes économiques et des violations des droits de l’homme assez spectaculaires, a réussi à obtenir, pour lui, un poste de vice-président au moment des accords de paix. Puis les élections sont arrivées : Jean-Pierre Bemba a perdu l’élection présidentielle, et reste persuadé qu’il est victime d’une conspiration internationale ayant conduit à lui voler sa victoire.

Comment, alors qu’on a contrôlé un territoire plus vaste que plusieurs petits pays, qu’on a été vice-président, devenir «seulement» un opposant ? La culture politique, c’est comme la culture tout court : c’est ce qui reste quand on a tout perdu. Bemba, flambeur devant l’Eternel, enfant terrible du mobutisme et du post-mobutisme, n’est pas habitué à l’impuissance, au lent travail de persuasion de masses souvent revêches, dépolitisées ou découragées. Il n’est pas Etienne Tshisekedi, il n’est pas John Fru Ndi. Il veut tout, tout de suite. L’âge de Joseph Kabila (36 ans en juin prochain) le traumatise. Il ne peut pas compter, comme les opposants guinéens, gabonais ou zimbabwéens, sur le temps qui viendra à bout d’un régime honni et permettra une redistribution des cartes. Alors, il joue son va-tout, au cœur de la capitale…

Avant lui, un autre chef rebelle «largué» par l’Histoire a tenté de prendre sa destinée à rebrousse-poil. Alors que la communauté internationale, complice de la guerre, avait décidé que son intérêt la poussait à la paix en Angola, Jonas Savimbi a choisi de se révolter contre le nouvel ordre post-conflit, qui consacrait la victoire d’Eduardo Dos Santos et du MPLA. Il est retourné dans le maquis. Avec la complicité de ses tuteurs américains, il a été immolé sur l’autel de la stabilité du nouvel eldorado pétrolier. La photo de son cadavre a fait le tour du monde. Le Sierra Léonais Foday Sankoh a cru pouvoir résister face à la «pax britannica» : il a été écrasé et est mort en prison, complètement fou. Le Soudanais John Garang, qui s’était pourtant moulé dans les accords de paix avec le pouvoir représenté par Omar El Béchir, est lui aussi passé de vie à trépas. Un accident d’avion a eu raison de lui, alors qu’il rejoignait Khartoum et son poste de vice-président.

Y a-t-il une vie après la rébellion ? En Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, jusqu’ici docile marionnette des vieux crocodiles de l’opposition ivoirienne, a décidé d’aller seul à la paix des braves avec le président Laurent Gbagbo. Il sera incessamment nommé Premier ministre. Consécration ou début de la fin ? Cela dépendra sans doute de la volonté de Dieu, ainsi que de l’aptitude de l’ancien secrétaire général du principal syndicat estudiantin de Côte d’Ivoire à retourner avec modestie, dès à présent mais surtout après la présidentielle qui aura lieu dans les prochains mois, sur le terrain de l’engagement politique civil, où il a, on ne peut pas l’oublier, brillamment commencé. Il doit refuser «la tentation Bemba». Y arrivera-t-il ?

Posté par kouamouo à 18:58 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mars 2007

Un blog tout à fait blog

Pendant plusieurs mois, dans les colonnes du Courrier d'Abidjan, j'ai animé une rubrique intitulée "le blog de Théo". Un faux blog en réalité, puisqu'il n'existait sur le net qu'en projet. Désormais, cette anomalie est corrigée. J'ouvre cet espace pour tous mes amis, lecteurs mais également pour les curieux. Il contiendra tous les articles que j'écrirai dans la presse ivoirienne, camerounaise, européenne... mais également des papiers inédits. J'hébergerai également des réflexions venant de journalistes, d'écrivains et d'intellectuels dont la voix est significative, en Afrique et dans le monde. Je compte sur vous pour faire de ce blog, d'ici quelques semaines, un espace d'échanges d'une certaine hauteur sur les enjeux centraux du continent africain et de notre sacrée planète, qui nous appartient autant qu'aux autres êtres humains qui la peuplent. A vos claviers !

Posté par kouamouo à 21:02 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1