Hier, nous vous parlions d’une interview du président Laurent Gbagbo, publiée dans le mensuel panafricain basé à Londres New African (édition d’avril 2007), dans laquelle il évoquait la crise ivoirienne, mais également le destin de l’Afrique et ses chances de renaissance.

Laurent Gbagbo a aussi, dans cette interview, parlé des relations économiques entre la France et l’Afrique. Interrogé par la journaliste Ruth Tete sur la déclaration de Nicolas Sarkozy selon laquelle «la France n’a pas besoin de l’Afrique pour son développement», et sur l’incongruité du compte d’opérations des pays de la zone franc à Paris (où se trouvaient jusqu’à une date récente 65% de leurs avoirs en devises, et où se trouvent aujourd’hui 50% de ces avoirs), Gbagbo lui a répondu assez clairement. Evoquant le compte d’opérations, il dit : «C’est un problème récurrent que nos amis qui ne sont pas dans la zone CFA – Ghana, Guinée-Conakry, Nigeria, etc… – ont soulevé. C’est vrai que le compte d’opérations du franc CFA est logé au Trésor français. Mais comme je vous ai dit plus tôt, on ne peut pas résoudre tous les problèmes en même temps.»

A propos des déclarations de Nicolas Sarkozy, Gbagbo a affirmé : «Ce que je peux dire, c’est qu’il faut être prudent en ce moment à propos des commentaires faits par les politiciens français qui sont actuellement en campagne électorale. Nicolas Sarkozy est candidat à la présidentielle. Ce n’est donc pas le bon moment pour commenter ce qu’il dit, parce que souvent quand quelqu’un est en campagne, il peut dire des choses qu’il pourra regretter plus tard. Si les choses étaient si simples, s’il suffisait pour la France de se débarrasser des pays africains pour que la France prospère, de nombreux autres avant lui l’auraient déjà fait.»

On dit que Nicolas Sarkozy a l’injure facile et la rancune tenace. Attend-il d’être élu pour apprendre au président ivoirien qui fait volontiers de l’esprit de quel bois il se chauffe ?