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Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, d'une Afrique des Africains plus solide face à la violence des impérialismes ? Vous militez pour un continent démocratique et indépendant ? Moi aussi. Marchons d'un même pas.

28 avril 2007

Glasnost pétrolière !

"La guerre est finie", dit régulièrement le président ivoirien Laurent Gbagbo. Cette sentence signifie que les réflexes belliqueux qui ont été la règle pendant plusieurs années doivent s'effacer au profit d'une ambiance plus décontractée. Mais elle nous rappelle aussi qu'il faut mener sans plus tarder un autre combat : celui de la normalité républicaine. Il faut à tout prix que certains d'entre nous, porteurs avant la crise des idées de modernité et de refondation, redeviennent des "évangélistes" de la transparence et de la participation citoyenne.

Si la guerre est finie, la question des revenus pétroliers de la Côte d'Ivoire cesse d'être un sujet "secret défense". Dès lors, on doit se poser une question : l'Etat ivoirien doit-il tenir ses citoyens loin de toute information concernant le sous-sol de leur pays, comme tous ces pays africains pour lesquels les hydrocarbures sont devenus une malédiction ; ou doit-il imiter la Norvège, où le pétrole est une vraie bénédiction profitant au plus grand nombre ?

Le ministre des Mines et de l'Energie et les patrons des grosses firmes pétrolières publiques doivent parler. Expliquer comment le secteur s'organise depuis le "boom" pétrolier. Dévoiler combien le pétrole et le gaz rapporte, ce qui entre dans le budget de l'Etat, ce qui va au financement des investissements, etc...

Il faut éviter, dès maintenant, le syndrome du Nigeria. Dans le plus grand pays d'Afrique de l'Ouest, les masses sont tellement persuadées que le pétrole est exploité par une minorité oublieuse des droits du peuple qu'elles ont entrepris des opérations de sabotage violentes, qu'on ne saurait considérer comme illégitimes. Au Nigeria, l'argent du pétrole a renforcé l'arrogance d'une oligarchie accaparant le pouvoir par tous les moyens, et a encouragé tous les désordres.

Il faut éviter le syndrome du Congo-Brazzaville, où la lutte entre deux oligarchies pour le contrôle du pétrole, arbitrée par une Françafrique rapace, a engendré une guerre fratricide qui s'est soldée par des milliers de morts.

"Publiez ce que vous payez", une coalition d'associations locales militant pour la bonne gouvernance, a lancé une campagne pour "demander des comptes sur l'utilisation des revenus pétroliers". Le gouvernement a l'obligation morale de répondre à ces interrogations légitimes. Mais il doit aller plus loin, y compris en s'adressant aux députés, devant les caméras de la télévision nationale.

La guerre est finie. Il faut très vite bannir les réflexes de l'économie de guerre dont la Côte d'Ivoire républicaine a usé pour survivre alors qu'une coalition déterminée voulait arracher à la nation sa souveraineté.

Posté par kouamouo à 03:12 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

PLus loin

Si je suis d'avis avec Theo qu'il est imperieux que les operateurs prives dans le secteur du petrole et du gaz publient les "redevances" versees a l'Etat de Cote d'Ivoire au titre des revenus du petrole, il n'en demeure pas moins necessaire que l'Etat lui meme publie les revenus globaux generes au titre de l'exploitation des ressources petrolieres. Mais la problematique de la trnaparence des ressources publiques va au-dela du secteur du petrole. Combien sont-ils en effet ces ivoiriens qui savent ce qui guide a la fixation et qui compose des tarifs de l'electricite, du combustible (gas-oil, essence) necessaire pour les vehicules? Combien sont-ils ces ivoiriens qui savent comment les ressources piubliques sont affectees entre les differents secteurs dans lequels l'Etat intervient. Combien d'Ivoiriens ont eu une fois un retour- en terme d'obligation de rendre compte- de la mise en oeuvre des politiques sectorielles faites par les gouvernants, et par les diffrents ministeres en particuliers. L'obligation de rebdre compte n'est pas dans les habitudes des services publiques en Cote d'Ivoire. La Coallition "Publier Ce que Vous Payer" requiert aux operateurs prives des secteurs des Industries extractives de publier les versements faits aux Ministeres des Finances des pays dans lequels ils interviennent. En presence de collusion forte entre ces firmes et les gouvernants et en la'bsence d'une obligation forte de rendre compte, les actions menees par cete coallition ne seront qu'une tempete dans un verre d'eau!!! La Question de la responsabilite vis a vis du commun de l'Ivoirien, va au dela du secteur des ressources minieres et petrolieres. C'est tout un agenda dont la mise en oeuvre requiert un engagement et un leadership politiques bien fort. La cote d'Ivoire actuelle est-elle prete a prendre cette voie. Je reste encore bien pessimiste...Des rentes financieres enormes sont en jeu. Les beneficiaires individuels, aux agendas prives bien egoistes, sont-ils prets a les perdre? Le president Gbagbo devra bien s'attaquer a cette question...un jour ou l'autre, de facon volontaire ou a son "corps defendant", pour le bien etre de l'ensemble des ivoiriens au lieu d'une certaine minorite qui, a terme, sera bien connue.

Posté par Will, 28 avril 2007 à 08:10

Un appel solennel

Ce que vous écrivez là, M. Kouamouo, devrait faire l'objet d'un appel solennel lancé aux autorités de ce pays, pour la bonne et simple raison que nous touchons là aux sources mêmes de l'impunité qui nous a déjà fait tant de mal. Une crise doit marquer un changement profond dans le comportements des différents acteurs sociaux; et une analyse plus vaste des raisons de la guerre qui est entrain de se terminer, nous ramène forcément à une certaine conception olligarchique du pouvoir politique, elle-même bénie dans les malsaines et opaques eaux de l'impunité absolue. J'ose penser, cela dit, que sur la question de la gestion des rentes pétrolières ou agricoles en Côte d'Ivoire, beaucoup dans la population considèrent qu'il y a quelqeuchose de normal à s'enrichir au moment où l'on accède au pouvoir. Cette attitude qui est le fruit de décennies de pratiques politiques post-coloniales est à remettre en cause, si l'on veut commencer à parler le vrai langage de la clarté en matière de finances publiques. J'ose croire qu'en entretenant ce genre d'idées, la population se rend complice d'une certaine complaisance dans la gestion de l'argent public par les autorités de l'Etat. Il faut mettre en avant une exigence démocratique de clarté, et de partage des richesses. C'est la moindre des choses.

Posté par Enrico, 28 avril 2007 à 13:36

Une utopie...

Obtenir la transparence dans la gestion des ressources du pays sans la mise en place d’un fonctionnement démocratique des institutions et des structures administratives de l’état est pure utopie. Bien sûr, comme vous, je désire de tout cœur que s’installe la transparence dans la gestion des fonds générés par le pétrole et les autres ressources du pays. Je sais aussi qu’il sera nécessaire que naissent des associations de consommateurs et des groupes de citoyens pour faire pression et hâter si nécessaire certaines décisions ou modifier certains comportements. Mais pour l’heure, je crois sincèrement qu’il faut aller à la paix, à la reconstruction des structures administratives et des institutions afin que par elles un contrôle démocratique de la vie économique et sociale puisse se faire. Il ne faut donc pas brûler les étapes au risque de sombrer dans l’anarchie.

Posté par St-Ralph, 28 avril 2007 à 14:35

Même longueur d'onde

C'est vrai hier je me faisais la réflexion à propos de toutes ces entreprises françaises ou plutôt patrons d'entreprises qui se précipitent actuellement en CI, et les autres. A part l'ironie de la situation, je me suis juste demandée si ce laps de temps de crise avait permis de favoriser l'entreprise ivoirienne? avait profité aux qq entrepreneurs ivoiriens? ou même fait du bien à l'esprit d'entreprise en CI? Je suis triste de ne pouvoir répondre clairement à ces questions, et pourtant j'aimerais tellement pouvoir dire que ça a été bénéfique de ce côté là, mais vraiment aucune certitude, très loin de là !

J'ai en ce moment l'impression que peu de choses d'un point de vu économique ont changé, j'ai cette impression que l'Etat est pressé de reprendre ces affaires là où il les avaient laissées il y a 5 ans... et c'est triste, ça serait une grande erreur pour notre avenir. Je n'ai effectivement pas l'impression d'une plus grande transparence dans tous ces contrats octroyés, il n'y a d'ailleurs aucun début de coup de loupe ne serait-ce qu'aux petites écritures au bas des différents "dons" post-crise qui nous viendront de nos si sincères "amis" (UE,banque mondiale...), pourquoi les ivoiriens ne pourraient-ils pas être informés de toutes les contreparties cédées en échange ? Ne serait-ce pas la moindre des choses? une amorce de changement économique à portée de main, ancrée dans le présent et non pas des plans sur la comète? Là franchement y en a marre, un peu de considération ! J'espère sincèrement que je me trompe

Posté par Manolli, 28 avril 2007 à 14:46

Refonder...la Refondation

Salut,

Ici commence la véritable révolution de la CI. Jusque-là, il était question de dénoncer la "méchante France", le "néo-colon Chirac", "l"armée d'occupation"...Avouons que c'était la partie la plus facile si nous prenons cette guerre sous l'angle de la dialectique hégélienne.

Après la thèse, passons à l'antithèse. C'est vrai que Chirac a empêché la réalisation du programme de gouvernement de Gbagbo mais...

C'est à ce niveau qu'il faut avoir peur des vérités qui mentent et des mensonges qui disent la vérité. Il convient de dénoncer les forces sociales et politiques qui peuvent constituer les obstacles à l'émergence de l'Etat de droit, de la justice sociale, du "welfare state"...

A y voir de près, cette guerre a été entretenue sur le long terme afin d'enrichir certaines personnes. A y voir de près, le pouvoir actuel s'est juste inscrit dans la logique du "ôte-toi que je m'y installe"!!!

Il est temps que Gbagbo prenne son courage à deux mains pour nous dire ce qu'ils ont fait des revenus du café et du cacao, du pétrole, du diamant...

Une camarade de l'actuel G7 me disait à l'époque qu'il y a une logique entre l'arrivée au pouvoir et le départ. Elle me disait que nous sommes arrivés au pouvoir par la rue. C'est cette même rue qui nous fera partir.

Espérons qu'avec la fin de la guerre, Gbagbo sache qu'il y a une poignée de nouveaux riches très arrogants quand il y a 16% d'Ivoiriens qui n'arrivent pas à dépenser 1 dollar par jour: les frustrés de la République.

Refondons la ...Refondation!

Posté par Levy, 30 avril 2007 à 12:30

Amnesie

Gbagbo ne devrait pas oublier les propos qu'il tenait et qui on scellé ce lien si particulier entre lui et le peuple lorsqu'il était dans l'opposition. Les anciens numeros du "Nouvelle horizon" et de "La voie" devenue "Notre voie" sont encore là. Précieusement conservés chez certain militant de la première heure. Le peuple attend qu'il no'oublie ses promesses, sinon il sortira du palais presidentiel comme il est rentré.

Posté par Xada, 02 mai 2007 à 16:01

Atchung Fpi

Le pouvoir corrumpt et le pouvoir absolu corrompt absolument.

Posté par john, 02 mai 2007 à 17:24

Atchung Fpi

Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument.

Posté par john, 02 mai 2007 à 18:42

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