11 mai 2007
«Thinkers» et «watchers»
Jeudi dernier, j’ai participé, en tant que rapporteur, à un Forum organisé par la Fondation nationale des sciences politiques de Côte d’Ivoire, en partenariat avec la Délégation de la Commission européenne, sur le thème du partenariat Europe-Afrique.
Un bel événement bien organisé, incontestablement de niveau international, au cours duquel ont été enregistrées des interventions de haut niveau – dont celles de l’ancien Premier ministre sénégalais Moustapha Niasse, de l’ancien ministre de la Coopération français, Charles Josselin, mais également d’institutionnels, de chercheurs et spécialistes de terrain dont les avis enrichissent forcément les réflexions des uns et des autres.
Un constat est souvent revenu pendant les discussions : celui de la faiblesse de proposition et de négociation des acteurs ivoiriens face à des partenaires internationaux. Résultat de l’affaiblissement extraordinaire de l’Etat depuis au moins 15 ans (accéléré par le «power sharing désastreux» d’après-Marcoussis, selon l’expression du professeur Yacouba Konaté), les interlocuteurs ministériels de l’Union européenne ne sont pas toujours aptes à définir les priorités stratégiques de leurs départements. Du coup, les Européens décident à la place d’Ivoiriens trop occupés à se disputer des lambeaux de République, et prennent une trop forte importance dans la gouvernance nationale, imposant facilement leur agenda. Il y a, de toute évidence, dans notre société, un problème de «thinkers», de personnes pouvant imaginer des modèles et des stratégies publiques.
Des membres de la société civile, ahuris, ont appris que la Côte d’Ivoire se caractérisait par une très faible utilisation des crédits internationaux, faute de projets bien montés. Qui s’intéresse, dans le fond, aux dédales de la coopération internationale, à la fois dans ses aspects positifs et pervers ? Les fameux acteurs «non étatiques» dont parlent les experts internationaux sont-ils outillés pour exercer leur vigilance citoyenne ? Les députés ont-ils à leurs côtés les ressources humaines nécessaires – en termes d’attachés parlementaires par exemple – pour surveiller l’exécutif et les bailleurs de fonds, et leur remonter les doléances ou récriminations de leurs administrés ? Nous avons , dans tous les domaines (système judiciaire, consommation, emploi, communautés décentralisées, etc…) un besoin urgent de «watchers», d’observateurs spécialisés et pertinents, enlevant aux décideurs l’impunité que l’ignorance générale leur procure.
Commentaires
De la vient notre drame
J'ai fait des commentaires sur le post de Theo ""Peril" jeune sur l'Afrique" le 2 Avril 2007 a 00:11 qui evoque entre autres le manque de capactie et le manque de formation pertinente de cette jeunesse qui entre en politique. Les observations faites au cours de ce forum et reportees ci avant par Theo rappelle s'il n'en faut qu'il importe d'adresser la question de la formation. L'ignorance generalisee ne saurait etre brisee si celle ci n'est pas adressee. Si l'on arrive a une societe civile surprise par la non utilisation, par la Cote d'Ivoire, des possibilites de financement qui existent a l'international, c'est que le mal est profond, d'autant plus que cette societe civile devrait etre a meme de relever les defaillances des gouvernants et autres agences publiques.
Les capacites publiques en matiere de definition et de design de politiques publiques ne seraient soutenables que s'il y a effectivement une volonte de permettre aux jeunes ivoiriens de se former dan s les meilleures Schools of Economics et autres School of Public Administration au monde. Mais cela ne saurait suffire. Il faudra bien accompagner cela de l'environnement qui permet d'utiliser pleinement ces ressources humaines en donnant les incitatifs pour qu'ls renviennent dans leur pays. A cet egard, pour ceux qui en ont l'occasion, visiter les meilleures universites americaines (Havard, Princeton, Yale, Columbia, Duke, UCLA, Berkeley, U Penn, etc.) et vous constaterez que les pays d'Asie (Chine en tete) envoie chaque annee des cohortes impressionnantes de leurs jeunes dans ces universites pour etre former, qui a la fin de leur formation retournent dans leur pays. Ces pays on fait de la "robustesse" de la gouvernance publique un instrument de leur developpment. Un des outils utilises est la formation pertinente de leur jeunes.
Comment les gouvernants peuvent ils assurer des politiques economiques et sociales bien structurees s'ils n'ont pas les ressources humaines qu'il faut. Les enjeux actuels n'autorisent pas a etre a la traine en matiere de ressources humaines. Quand a cela s'ajoute le faiblesse ou l'inexistence de la Responsabilite et l'obligation de rendre compte, l'on ne peut ateindre que des resultats comme ceux que qui ont ete mis en exergue lors de ce forum.
Si cela n'est pas compris en Cote d'Ivoire, l'on y continuera de faire du sur -place, et de se preoccuper de ces petites choses de politique politicienne.
Le succès est en nous...
Heu, pas si vite Will : à t'entendre, les EUA auraient tout ce qu'il leur faut dans l'Apu pour élaborer des politiques publiques intelligentes et efficaces. He bien, je considère que la paupérisation de tant de millions d'Américains dans un pays aussi richissime est une preuve de la médiocrité de leurs institutions et pratiques publiques.
Vraiment désolé, mais s'il est une chose que les sociétés africaines font largement mieux que les sociétés occidentales, c'est l'organisation de la vie collective. Tous les anthropologues l'ont écrit à satiété. Il s'agit donc de s'appuyer sur nos propres traditions d'administration de la res publica, de les réhabiliter et surtout de reprendre vraiment l'initiative intellectuelle et organisationnelle...
Bref, c'est en Afrique même que des institutions éducationnelles doivent être INVENTEES, qui seraient spécialisées dans l'administration publique selon des recettes africaines, adaptées aux réalités de l'Afrique...
Si les Africains savent si peu de choses sur les affaires publiques, c'est surtout parce que les "Pères de la nation" ne tenaient pas forcément à impliquer les citoyens dans les affaires d'Etat : ils ont tout manigancé en vue de conserver le monopole de ces affaires, donc aussi des négociations internationales, fussent-elles très techniques ; quitte à se payer des conseillers techniques colonialistes, sorte d'agent-double qui travaillaient au moins autant pour les intérêts de leur propre pays que pour ceux du "Père de la nation".
En conséquence, si dorénavant les affaires de l'Etat deviennent progressivement les affairres de Tous, il est compréhensible que dans un premier temps trop peu de citoyens aient les dotations éducationnelles nécessaires pour en saisir les véritables enjeux, y compris dans leur technicité. Mais, a-t-on déjà répertorié ces oiseaux si rares, qui existent pourtant dans tous les pays africains : est-ce que la Côte d'Ivoire a entrepris de mobiliser toute la matière grise disponible dans le pays et dans sa diaspora? Tant de compétences et qualifications végètent partout en Afrique et ailleurs ; elles ne demandent qu'à être mise en oeuvre, mise à l'épreuve...
Je me méfie toujours des exemples Chinois ou Indiens : vous comparez des pays souverains, qui ont librement élaboré leurs propres stratégies de développement humain, économique, financier, etchnologique, etc. avec des pays africains réputés, encore à ce jour, "Pré carré" de la France. il ne faut surtout pas sous-estimer cette différence entre pays souverains, et départementalisation française d'une partie de l'Afrique : à chaque jour suffit sa peine, reprenons déjà toute l'initiative en ce qui concerne notre propre destin ciollectif. Les erreurs des premiers moments de souveraineté seront inévitables, mais de leurs enseignements naîtront des succès authentiques, réels et pérennes...
Une responsabilité partagée...
Monsieur Théophile Kouamouo,
Votre texte est une bonne base de discussion et d'échange, c'est d'ailleurs le but de votre blog.
Je conviens avec vous que nos faiblesses en matière de négociations et de propositions sont dues à l'affaiblissement de l'état qui remonte au moins à 1990 (la question se pose d'ailleurs de savoir si l'organisation mise en place depuis notre accession à l'indépendance(une bureaucratisation excessive) n'est pas la cause de cette faiblesse). Vous relevez, à propos, que les interlocuteurs institutionnels de l'UE ne sont toujours pas aptes à définir les priorités stratégiques de leurs départements( l'organisation administrative héritée de la colonisation et l'instabilité gouvernementale due à la crise militaro-politique engendrant un changement constant des ministres et de leurs collaborateurs, y sont,en grande partie, pour quelque chose), les européens profitent de cette faille pour décider à notre place.
Il nous faut remarquer que l'aide n'a jamais été désintéressée, à plus forte raison,de nos jours où les occidentaux se sentent menacés par la Chine et l'Inde, en particulier.L'UE, à l'instar du FMI,de la Banque mondiale,etc...etc, fait partie de la sphère économique et financière de ce gouvernement mondial qui ambitionne de supplanter les gouvernements des états-nations.Donc la stratégie mise en place consiste à faire en sorte que ces organisations décident à la place des états et de leurs démembrements. Pour coller à l'actualité, la semaine qui se termine a vu un dirigeant de la filière café/cacao réagir énergiquement à un rapport de l'UE sur leur secteur d'activité, il est allé jusqu'à traiter cette organisation européenne d'ingérence...Les blancs, forts de la monnaie de plus en plus virtuelle dont ils détiennent la gestion exclusive, veulent régenter le monde. Il s'agit d'une stratégie qu'ils ont longtemps mûri(visitez le site web:syti.net et lisez surtout le chapitre relatif aux Maîtres du monde, vous serez édifié).
Pour terminer, je dirais comme tout bon abidjanais: "africains,dormez seulement!".
Une responsabilité partagée...
Monsieur Théophile Kouamouo,
Votre texte est une bonne base de discussion et d'échange, c'est d'ailleurs le but de votre blog.
Je conviens avec vous que nos faiblesses en matière de négociations et de propositions sont dues à l'affaiblissement de l'état qui remonte au moins à 1990 (la question se pose d'ailleurs de savoir si l'organisation mise en place depuis notre accession à l'indépendance(une bureaucratisation excessive) n'est pas la cause de cette faiblesse). Vous relevez, à propos, que les interlocuteurs institutionnels de l'UE ne sont toujours pas aptes à définir les priorités stratégiques de leurs départements( l'organisation administrative héritée de la colonisation et l'instabilité gouvernementale due à la crise militaro-politique engendrant un changement constant des ministres et de leurs collaborateurs, y sont,en grande partie, pour quelque chose), les européens profitent de cette faille pour décider à notre place.
Il nous faut remarquer que l'aide n'a jamais été désintéressée, à plus forte raison,de nos jours où les occidentaux se sentent menacés par la Chine et l'Inde, en particulier.Qui,plus est,l'UE, à l'instar du FMI,de la Banque mondiale,etc...etc, fait partie de la sphère économique et financière de ce gouvernement mondial qui ambitionne de supplanter les gouvernements des états-nations.Donc la stratégie mise en place consiste à faire en sorte que ces organisations décident à la place des états et de leurs démembrements. Pour coller à l'actualité, la semaine qui se termine a vu un dirigeant de la filière café/cacao réagir énergiquement à un rapport de l'UE sur leur secteur d'activité, il est allé jusqu'à traiter cette organisation européenne d'ingérence...Les blancs, forts de la monnaie de plus en plus virtuelle dont ils détiennent la gestion exclusive, veulent régenter le monde. Il s'agit d'une stratégie qu'ils ont longtemps murie(visitez le site web:syti.net et lisez surtout le chapitre relatif aux Maîtres du monde, vous serez édifié).
Pour terminer, je dirais comme tout bon abidjanais: "africains,dormez seulement!".
Veille stratégique
La Veille Stratégique est une activité professionnelle qui consiste au Renseignement Civil : rechercher des informations (ouvertes, voire sensibles...) permettant à une organisation publique ou privée d'acquérir une connaissance anticipative de son environnement (concurrentiel), et ainsi de prendre des positions stratégiques avantageuses par rapport aux autres protagonistes dudit environnement...
Aujourd'hui avec le développement de l'Internet, plus de 80% des informations (technologiques, politiques, économiques, scientifiques, etc.) sont presque gratuitement disponibles et accessibles. Encore faut-il savoir les chercher, et surtout faut-il savoir QUOI chercher, pour quoi faire.
En sorte que le plus important de la démarche de veille stratégique consiste à élaborer l'ensemble détaillé des questions pertinentes pour le sujet considéré : énergie solaire, souveraineté monétaire, filière verticale de cajou, réformes institutionnelles politiques, système bancaire régional, énergies non fossiles, pratiques médicales traditionnelles, etc.
Ensuite, une fois les informations rassemblées, il faut en faire l'analyse puis la synthèse à destination du commanditaire, voire du plus large public, soit de spécialistes (opérateurs économiques, financiers, décideurs politiques, parlementaires, etc.), soit d'institutionnels, ou encore de particuliers : diffuser les informations pertinentes en direction des cibles adéquates = communication, lobbying, vulgarisation, etc.
Enfin, il faut veiller à ce que cette mise à disposition des savoirs et savoir-faire aboutisse concrètement à des réalisations efficaces : il fois que l'on sait que faire, comment le faire, encore faut-il que se fasse ce qui est à faire par les la personne (morale) en charge du dossier...
Bref, la création de cabinets de Veille Stratégique publics et privés (sorte de Think Thank), par des Africains en Afrique, serait une démarche très opportune en vue de réduire les problèmes soulevés ci-dessus par Théo.
A titre personnel, j'ai quelques connaissances dans ce domaine. Je dispose aussi de certains contacts spécialisés, capables de monter ce type de projet. Resterait à lever localement les ressources humaines (et également financières...) nécessaires à la constitution d'un groupe de professionnels de l'Intelligence Stratégique en Côte d'Ivoire, puis partout ailleurs en Afrique...
En outre, un travail de vulgarisation (multi)médiatique peut être envisagé : créer des organes de presse spécilaisés dans :
- l'information économico-financière nationale, régionale, panafricaine,
- l'analyse des tissus industriels nationaux, régionaux, africains,
- la sensibilisation aux technologies localement pertinentes,
- l'information judiciaire, juridique et règlementaire nationale, régionale et internationale,
- etc.
L'autarcie n'est plus de mise.
Ogotemmêli, je suis désolé mais les expériences des autres peuvent nous être d'une grande utilité. Nous ne pouvons pas nous permettre de vivre en autarcie aujourd'hui. Que nous voulions ou non, nous sommes à l'heure de la mondialisation. Et nous devons de temps en temps jeter un coup d'oeil sur ce qui se passe ailleurs. Le cas de l'Inde est, selon moi, très enrichissant. Par exemple, ce qu'on observe en ce moment dans ce pays est en partie imputable à la politique d'encouragement des sciences notamment les mathématiques par Nehru mais aussi grâce à l'ouverture du pays. Nos "Pères de la Nation" sont obtus, obsédés par le pouvoir au point de se méfier des nationaux instruits et de préférer des expatriés comme hauts fonctionnaires. Des dirigeants comme Nehru étaient d'une autre trempe. En d'autres termes, on voit ici l'importance accordée à l'éducation alors que nos "Pères de la Nation" misent souvent sur l'ignorance de leurs concitoyens pour continuer à régner. L'exemple du Gabon dont tu parlais dans un de tes commentaires est éloquent. Dans le secteur pétrolier, combien de Gabonais ont été formés pour assurer l'exploitation du pétrole ? Tout repose sur les multinationales étrangères.
Auto-nomie n'est autarcie
Lanzi, il y a un malentendu : Dans mon précédent post j'ai maintes fois parlé de "internationale", ce qui témoigne de quelque ouverture d'esprit...
Sur les exemples de l'Inde que tu donnes, il est bien clair que les autorités indou ont toujours eu la possibilité de décider par elles-mêmes, pour leurs concitoyens.
Contrairement à ce l'on raconte souvent, l'Inde est la plus grande démocratie du monde, avec 18 langues nationales parlées au sein de son Parlement ; l'un des premiers pays à avoir élu (plusieurs fois) une femme chef de gouvernement. Ce que la France vient d'échouer de faire...
La comparaison avec les pays africains ignore trop souvent ce fait crucial que seuls les peuples souverains inventent les voies de leur propre épanouissement. Un préfet françafricain chargé de veiller sur l'accès privilégié de l'économie métropolitaine aux ressources d'une (ex)colonie africaine n'a aucunement vocation à promouvoir les autochtones africains : Bongo, Sassou, Biya, Bozizé, Déby, Abiyarimana, Eyadéma, Ratsiraka, etc. Toute cette lignée n'a rien à voir avec Nehru et son obsession pour une Inde indépendante, maîtresse de son propre destin, jouant stratégiquement de ses propres atouts...
Nous autres Africains en sommes encore là, à l'établissement dans les faits d'une indépendance seulement acquise ou offerte sur le papier...
Tu me parles de jeter un coup d'oeil sur ce que font les autres. Mais, il importe beaucoup de se connaître soi-même d'abord, avant de savoir réellement ce que les autres peuvent apporter à l'édification de soi : combien ici savent qu'au XVè siècle le Kongo-dyna-Nza possédait sa propre monnaie, sa propre administration fiscale, etc. a une époque où ces institutions étaient encore très balbutiantes en France. Au XVIIè siècle, la Fédération Ashanti possédait une système monétaire d'étalon poudre d'or appélé Bèna, tandis qu'en France régnait une anarchie monétaire avec environ 80 autorités monétaires battant chacune sa propre monnaie en concurrence les unes avec les autres...
Bref, donc Souveraineté, puis Anamnèse avant de s'ouvrir aux autres en toute connaissance de soi. Je ne veux pas trop théoriser mes interventions ici ; c'est pourquoi souvent j'esquisse des éléments de solution, des recettes pratiques aux problèmes soumis au débat. Mais ce travail d'introspection théorique est préalable et absolument nécessaire. Ce serait une grave erreur que de le sous-estimer...
Autonomie : pour se gouverner soi-même, il est indispensable de savoir d'où l'on vient, ce qu'on est, et comment on l'est devenu. Cela n'a rien à voir avec l'autarcie, qui consiste en s'enfermer sur soi : comment quelqu'un qui ignore "soi" peut-il s'enfermer en "soi"???
Le cher Ogotemmeli ne saurait restreindre tant la problematique en question ici. Il me plait de soutenir que l'appropriation par les Africains de leurs politiques publiques dans tous les secteurs ne sera effective que lorsqu'ils auront les ressources humaines a meme de tenir le dialogue avec ces consultants, conseillers/Advisors, fonctionnaires des institutions internationales de developpement, agences etrangeres de cooperation etc...
Si un pays comme la Malaisie a pu juguler la crise financiere qui touchait son economie dans le cadre general de la crise du sud est asiatique, sans avoir recours au FMI...c'est aussi parce qu'il a su se doter de capacites institutionnelles et humaines adequates.
Il ne s'agit pas de copier-coller les choix faits par les US, mais plutot de se former et de bien se former dans ce pays entre autres...
Les think tanks dont vous appelez a la creation ne verront leurs recommandations etre pleinement mises en oeuvre et couronnees de succes en Afrique que s'il y a une capacite publique pour s'approprier lesdites recommandations, de sorte que celles ci soient pleinement internalisees aux institutions et administrations publiques.
Un autre point est relatif a l' "Accountability" du gestionnaire de la chose publique et a l'action de la societe civile. La encore, plus les populations seront bien formees, dans le systeme educatif national egalement, plus grande et forte sera cette obligation de rendre compte de la gestion des affaires de l'Etat et plus pertinente sera la contribution de la societe civile a la soutenabilite des changements attendus.
Je rejoins Ogotemmeli...
A la lecture de la prétendue faiblesse de l'utilisation des crédits internationaux par les Ivoiriens, je me suis fait cette réflexion : Et pourtant nous sommes criblés de dettes ! Décidément, ils veulent nous condamner à vivre pour payer des dettes ! Certes, concernant les privés, on peut sans doute parler d'une peur de prendre des risques. Ce qui n'est pas une bonne chose. Cependant, je les comprends parce que nous avons tellement souffert avec le FMI que parler de crédits internationaux aux ivoiriens doit les faire fuir. D'autre part, la réaction de Ogotemmeli m'a fait penser à Kouamé Nkrumah. Je suis originaire de la région côtière ; j'ai vu la Côte d'Ivoire inondée des produits manufacturés dans les années 60. Le Ghana - comme le fera la Chine - copiait allègrement les produits européens. A l'époque, ce pays était capable de fabriquer beaucoup de choses. C'est en forgeant que l'on devient forgeron, dit-on. Et c'est aussi en imitant que l'on trouve sa voie. Cela est aussi connu. Et effectivement, cela n'a rien à voir avec l'autarcie. Je crois que c'est même ainsi que l'on va à la conquête du monde. Mais je suis obligé de terminer en disant que pour un entrepreneur, un jour ou un autre, un bon financement peut s'évérer nécessaire.
Les Références
Salut,
Peut-être ferais-je hors sujet mais je crois qu'après les analyses d'un Ogotommêli (qui se joue les Centristes de la Gauche), d'un Théo, d'un Ralph (la droite de la Gauche), d'un Eppix, d'un Lanzi et moi-même (que je range à la gauche de la Gauche), il est question pour moi de revenir à une question que je juge primordiale: qu'est-ce qui fait courrir l'Ivoirien?
Pourquoi les étudiants se casseraient-ils la tête quand on voit tous ces nouveaux riches qui ont pour atout essentiel le fait d'appartenir à certains réseaux politiques?
Voici le maître-mot qui oriente la jeunesse ivoirienne aujourd'hui: appartenir à un réseau. Le réseau peut-être politique, ésotérique. l'essentiel est d'appartenir à un réseau relationnel qui vous propulse même quand vous n'avez pas les compétences requises.
Eh bien, c'est la course à l'enrichissement rapide et généralement illicite. Y'a-t-il incompétence au sommet de la pyramide? C'est sans doute qu'au lieu de nommer celui qui a les compétences, l'on a préféré récompenser un copain.
Alors, quelle solution proposer pour le développement du pays? Qui le développement du pays préoccupe-t-il d'ailleurs?
Ce groupe de veilleurs aura certainement beaucoup à faire! Souhaitons-lui bonne chance!!!
We are all "watchers"
L'Afrique serait elle en crise de leadership ou manque de leaders? Telle a été la question recemment sur l'une des "Talk Radio" populaire en Afrique du Sud ou je reside. Je crois que le besoin de "watchers" comme tu le dis si bien dans ton article Theo, est un besoin de leaders sur le continent en general. Ce que le programme de radio a oublié de préciser c'est que être leader n'est pas une position mais une attitude. De ce fait chacun de nous à sa part de responsabilités dans la carence que connait notre cher continent. Nous avons la responsabilité d'être des role models (si jamais ca se dit en francais) de gestion, discipline, honêteté, justice, vision... dans nos familles, communautés, industrie, écoles, gouvernements etc...
Des faiblesses, mais quel immense potentiel!
"[...]l'appropriation par les Africains de leurs politiques publiques dans tous les secteurs ne sera effective que lorsqu'ils auront les ressources humaines a meme de tenir le dialogue avec ces consultants, conseillers/Advisors, fonctionnaires des institutions internationales de developpement, agences etrangeres de cooperation etc..."
Désolé d'insister Will, mais je vois un a priori non étayé dans son propos : il n'est pas tout à fait vrai de soutenir que l'Afrique manque de ressources humaines bien formées.
Par exemple, la CI a environ 20 millions d'habitants, contre 60 fois plus en Chine (1200 millions). En conséquence, lorsque l'on trouve un étudiant ivoirien dans une très grande université occidentale, il faudrait qu'il y ait 60 étudiants chinois dans la même université pour que les deux pays y soient proportionnellement à égalité de représentation. Donc, ton raisonnement semble se laisser surprendre par un effet de masse, qui n'est pas une preuve ni de sous-représentativité ni encore moins de qualité...
J'insiste sur le fait qu'il y a d'innombrables Africains ou Afrodescendants qualifiés dans tous les domaines, mais qui sont négligés par des gouvernements africains accoutumés à se priver (voire à se défier) de l'intelligence et du savoir-faire africains. Il faudrait déjà commencer à bien analyser les besoins les plus pressants ; puis à mobiliser tous les gisements de compétences et qualifications disponibles. Cette attitude me paraît beaucoup plus pro-active que de considérer a priori que nous manquons de tout ; et inciter se dissuader de commencer à faire tant de choses que personne ne fera pour nous...
Bref, je considère que Bohoun Bouabré n'a rien à envier à Paul Wolfowitz, et que Gbagbo Laurent est bien mieux que Jacques Chirac comme professionnel de la politique.
On ne devrait plus continuer avec ces raisonnements circulaires qui enferment des générations d'Africains dans l'atonie : l'Afrique est pauvre parce que sa population est peu ou mal éduquée ; et les Africains sont peu ou mal éduqués parce que l'Afrique est pauvre. Pour en sortir une fois pour toutes, il faut partir du peu de gens éduqué, leur faire confiance, mobiliser leurs capacités, afin que progressivement de meilleures conditions soient acquises.
Bref, commençons déjà par jouer de tous nos atouts disponibles ; plutôt que de se laisser innhibé par nos faiblesses réelles ou a fortiori surestimées. Qaunt aux potentiels humains, énergétiques, économiques, ils sont parmi les plus immenses...
Retournons à l'école...SVP!
Hey je suis bien d'accord que l'afrique abonde en potentiel humain, économique et énergétique comme vous le dites si bien. En fait la communauté avec le plus de diplômés aux Etats Unis aujourd'hui est la communauté africaine. Demandez seulement à voir la liste des ministres au Cameroun, elle est remplie de PhD, Prof, Dr et j'en passe. Avez vous jamais entendu une idée nouvelle venant de ses soi disant intellectuels qui a changée la vie d'une manière positive des gens sur notre continent? Je veux bien questionner ce que être éduqué signifie si toutes les richesses de notre cher continent comme vous l'avez mentionné demeurent sous le contrôle des étrangers. Pourquoi devrons nous toujours dépendre de nos gouvernements pour notre survie économique (emploi) quand des lois et régulations democratiques sont la pour tous pour prospérer.
La mondialisation offre aujourd'hui l'opportunuité à tous, quelque soit l'endroit ou on se trouve dans le monde d'être à égalité avec les plus riches. Ou sont ses intellectuels-PhD-Dr africains pour nous dire comment en bénéficier. Ou attendrons nous les chinois pour venir continuer se que les occidentaux ont commencé.
Ce que nous africains avons besoin, c'est un changement d'attitude et de mentalité qui commence par vraiment questionner notre soi disante "éducation" qui ne nous a servie a rien sinon à nous battre entre nous. Il est temps qu'on se mette à une nouvelle école, et qu'on apprenne des pays comme Singapour, la Corée du Sud, le Japon, la Malaysie etc... Qu'est ce que ses gens ont de spécial que nous n'avons pas? Quels bouquins lisent ils? Qu'est ce qui les motive et les pousse toujours vers l'excellence? d'ou vient leur discipline?... Pour moi, ca c'est la vraie école.
J'ai espoir qu'un jour on n'y arrivera.
Fabrique de médiocrité
"Qu'est ce que ses gens ont de spécial que nous n'avons pas? Quels bouquins lisent ils? Qu'est ce qui les motive et les pousse toujours vers l'excellence? d'ou vient leur discipline?... Pour moi, ca c'est la vraie école. J'ai espoir qu'un jour on n'y arrivera."
Ces gens ont ceci de spécial qu'ils décident eux-mêmes librement de ce qui est bon pour eux depuis des décennies, voire des siècles. Un droit dont nous sommes encore dépourvu, au moins partiellement...
Chez nous, dans la plupart des cas, nous avons des leaders fantoches, que nous n'avons pas choisis, qui ont été imposés (grâce à des coups d'Etat) ou maintenus au pouvoir (grâce à des élections truquées) par leurs parrains étrangers.
Ces pantins n'ont pas vocation à exercer leur pouvoir exorbitant au bénéfice des citoyens africains, de qui généralement ils n'ont reçu aucun mandat en bonne et dûe forme, en vue d'exécuter aucun programme d'actions publiques préalablement défini, ayant fait l'objet de débats/réflexions collectifs...
Il n'y a donc aucune mystérieuse fatalité dans la situation misérable où se trouve l'Afrique, malgré tant de richesses et atouts. Tous ceux qui voulaient exploiter ces potentiels au profit des Africains ont été assassinés : Lumumba, Diory, Olympio, Ouandié, Cabral, Sankara, Boganda, Ngouabi, etc. Longtemps avant eux, d'autres lignées avaient été éteintes : Lat Dior, Samory, Nzinga, Ranavalona III, Gbéhanzin, etc.
A chaque fois ces personnalités ont été remplacées par des affidés de leurs assassins, ou directement par leurs assassins ; lesquels n'ont pour seule raison d'être au pouvoir que leur médiocrité. De fait, les Dr, Phd et autres diplômés qui les entourent ne sont pas choisis pour leurs mérites et compétences (avérés ou non), mais pour leur docilité et leur fidélité au Guide suprême...
Il n'y a aucune malédiction à la pauvreté d'un pays si riche comme le Cameroun : il y a que ses ressources sont destinées à enrichir des étrangers et leurs complices locaux, ceci au détriment des Camerounais.
Les choses se passeront toujours ainsi aussi longtemps que les dirigeants de ce pays seront adoubés par des parrains étrangers, et non pas librement choisis par les Camerounais eux-mêmes, sur la base d'offres politiques concurrentes, dans une compétition électorale transparente, ayant pour seul arbitre le suffrage non confisqué des Camerounais.
Sans manipulation, aucun peuple n'a jamais confié son destin à des bourreaux : s'il le fait par erreur, alors il se donne rapidement les moyens de réparer cette erreur aussitôt qu'elle lui apparaît...
En matière de motivation et de discipline, les Africains n'ont rien à envier individuellement à personne. en revanche, la discipline collective procède du type de régime politique et de la qualité des personnes dirigeantes : là où la médiocrité sévit depuis tant de décennies, il n'y a pas de miracle ; chacun se débrouille comme il peut, surtout au détriment de Tous...
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