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Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, d'une Afrique des Africains plus solide face à la violence des impérialismes ? Vous militez pour un continent démocratique et indépendant ? Moi aussi. Marchons d'un même pas.

29 mai 2007

Leadership et «followership»

Un illustre aîné qui nous fait l’amitié de partager ses réflexions sur la marche de l’Afrique nous revient de la lointaine Asie avec un anglicisme curieux aux lèvres : «followership». Le mot qualifie la capacité d’un groupe à suivre efficacement ceux qui sont reconnus comme leaders, dès lors qu’ils indiquent une voie collective.

Le «followership» apparaît donc comme l’indispensable complément du «leadership». Que vaut un leader aux capacités éprouvées si sa base ne le comprend pas, le rejette, le conteste à tout propos et hors de propos ?

muraille_de_chineLes Chinois, nous explique l’illustre aîné, attribuent leur réussite de ces dernières années à la force de l’Etat (un bon leadership) mais surtout à ce qu’ils appellent un bon «followership». En Chine, dès qu’une grande orientation stratégique est prise par les décideurs, toutes les énergies nationales convergent et rendent le challenge plus facile à réaliser, expliquent les citoyens de l’Empire du Milieu, fiers de leur «success story». Bien entendu, les mauvaises langues ont bien le droit d’attribuer le bon «followership» chinois à la rude férule d’un Parti communiste qui se situe aux antipodes de la démocratie.

Ceci dit, un constat demeure : du parti unique et des régime des «sauveurs de la Nation» à l’ère du pluralisme politique, la question du mauvais «followership» est une constante têtue. Sous la contrainte, nous faisons semblant de suivre, usant de maints subterfuges pour subvertir les décisions des «en haut de en haut». Sous le régime libéral, nous faisons ce que nous voulons, et au sein de l’élite, ceux qui veulent être califes à la place du calife pullulent, souvent en dépit de leurs potentialités et du bon sens.

Pourquoi ? Nous devons nous interroger de toute urgence. Je suis persuadé que notre libération collective viendra, entre autres, de notre capacité à mener chacun notre psychanalyse personnelle et de notre aptitude à poser les diagnostics nous permettant de dépasser nos névroses collectives.

lumumbaNotre piètre «followership» réside peut-être tout simplement dans le faible «leadership» de nos… leaders. Mais peut-on dire avec certitude que nous avons suivi nos dirigeants les plus éclairés ? Ruben Um Nyobé, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et les autres icônes de notre Panthéon n’ont-ils été réhabilités aux yeux de tous après leur trépas ? Ont-ils été mieux traités par leurs contemporains que les vulgaires sergents de la Coloniale qui ont souvent dirigé nos pays par le glaive et la terreur ? Le charisme de nos grands hommes du passé a-t-il fait disparaître les tendances scissipares de nos sociétés ? On peut bien entendu arguer du fort soutien dont a bénéficié l’ANC de Nelson Mandela - malgré les salves tribales de l’Inkhata. On peut se souvenir que des milliers d’Ivoiriens ont risqué leur vie parce qu’ils refusaient que l’ancien colonisateur renverse le président qu’ils s’étaient librement donnés. Mais les contre-exemples sont là, et nous interpellent.

Peut-être que nos foules savent pas faire foule précisément parce qu’elles ne sont pas «en réseau», parce qu’elles sont incapables de se concevoir autrement que comme une poussière de petits groupes antagonistes, parce qu’on leur a savamment inculqué le virus de la division. «Les pouvoirs franco-africains organisent (…) le vide, le silence morose, le côtoiement des individus, des groupes, des catégories, des ethnies, jamais leur dialogue et leur interpénétration, en un mot l’obscurantisme...», dénonçait Mongo Beti dans sa revue Peuples noirs, peuples africains.

Peut-être que nous nous refusons à adhérer au discours public et au projet collectif parce que nous sommes taraudés par un afropessimisme têtu, encore plus féroce que celui des Occidentaux. Si tel est le cas, qu’est-ce qui nous rend si incrédules face à l’éventualité de meilleurs lendemains pour nous en tant que groupe ? Interrogeons-nous pour nous libérer.

Posté par kouamouo à 23:46 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

La Chine est si loin de nous...

Merci pour avoir une fois de plus suscité cet intéressant débat,tant notre chère Afrique est à la croisée des chemins.
En titrant mon commentaire"La Chine si loin de nous",mon intention est de démontrer que l'Afrique et la Chine ont plus de différences que de ressemblances.
(1)-La chine s'est victorieusement opposée à la colonisation,ce qui n'est pas le cas de notre continent.La victoire des colons ne nous a pas seulement soumis aux travaux forcés,à l'esclavage.
Les colons nous ont aussi et surtout fait perdre notre identité,notre authenticité,notre langue,notre culture,notre perception de Dieu pour ne pas dire des dieux,etc...etc.
(2)-De nos jours,la Chine de par ses performances économiques menace l'UE et les USA.Dans le domaine de la recherche et de la conquête de l'espace,elle n'est pas en reste,elle envoie déjà des astronautes dans l'espace et dispose de puissants moyens de destruction de satellites-espions comme elle l'a démontré récemment. Pays indépendant économiquement et politiquement,la Chine a sa propre monnaie(le Yuan)émise par sa banque centrale,peut-on en dire de même de nos états?
Maintenant,il ne faut pas rejeter du revers de la main toutes les initiatives,c'est pourquoi,je suis d'avis qu'un leadership(élitiste par essence)suivi d'un followership(action de masse)pourrait nous permettre,sous certaines conditions,de voir le bout du tunnel.
Ne perdons pas,cependant,de vue que autant nous aspirons à nous émanciper politiquement et économiquement,autant les occidentaux sont conscients que le continent africain reste le seul sur lequel ils peuvent exercer leur leadership,d'où la complexité de notre tâche.

Posté par oscar, 30 mai 2007 à 08:52

Follower...cheap?

Merci, Oscar, de rappeler qu'il a une différence radicale entre un pays comme la Chine, qui a presque toujours été souverain, et des ectoplasmes d'Etats africains bricolés par les colons blancs, dans leurs propres intérêts stratégiques, économiques, culrurels, etc.

Commençons donc par nous approprier ces Etats fantoches, en déterminant nous mêmes leur contenu (institutionnel, diplomatique, économique, monétaire, éducationnel, etc.), selon nos propres desseins, projets collectifs, utopies vivifiantes...

Du temps de Lumumba, Ouandié, Nkrumah, Sankara, trop peu d'Africains étaient suffisamment informés des enjeux précis de leurs combats. Les colons quant à eux avaient une perspective stratégique globale de leur domination, tandis que de trop rares "leaders" africains se débattaient localement contre un appareil répressif au faîte de sa puissance coercitive, de sa brutalité criminelle.

Ce contexte est désormais révolu : une très grande masse critique de jeunes Africains comprennent très bien les enjeux, les dessous des cartes, les parrains et leurs pantins, les mécanismes institutionnels de leurs manigances...

La jeunesse africaine n'est plus dupe de la médiocrité de ses soit-disant leaders, ces potentats viellissants, désuets, parfois pathétiques, tel MBongo courant faire allégeance à petit Bwana nouveau...

L'on n'envisage plus Bolloré, Bouygues, CFAO, etc. comme des interlocuteurs isolés d'un Etat, mais comme ces pieuvres françafricaines dont les tentacules enserrent chacun des Etats du "pré-carré" : la perspective panafricaniste des problèmes de l'Afrique est devenue très prégnante parmi les populations africaines les mieux informées.

Elle pourrait déboucher sur l'élaboration et la mise en oeuvre de solutions tout aussi panafricanistes à nos problèmes structuralement communs. Attitude d'esprit complètement aux antipodes de la compétition suicidaire imposée par Houphouët et ses parrains à la Guinée de Sékou, au Ghana de Nkrumah et au Burkina Faso de Sankara ; laquelle visait à faire de la Côte d'Ivoire "un havre de prospérité dans un océan de misère", malgré les vaines protestations du Vieux...

Sur le concept même de Followership : y-aurait-il d'un côté une caste de leaders, et de l'autre un conglomérat de followers ; tel que les uns dictent d'en haut ce que les autres exécutent pieusement. Un tel modèle est tout aussi nocif que celui de nos partis-Etat-monolithique. L'Afrique ancienne propose des modèle de gestion de la res publica qu'il conviendrait de considérer plus attentivement. Ces modèles sont négociationnels ("la palabre"), transversaux plus que verticaux (les classes d'âge d'initiation, les confréries de chasseurs, de nganga, de forgerons, de pêcheurs, etc.)...

Pour rappel, vers 1235, c'est un Gbara, c'est-à-dire une Assemblée constituante qui crée la Fédération de Mali. Quelques siècles auparavant, c'est un serment collectif dans la "Vallée des serpent" qui concrétisa l'union des lignages Wage pour former le Wagadu (ou Ghana), c'est-à-dire le Pays des Wage. Donc à chaque fois c'est un pact fondamental, organique, qui lie des populations dans un espace-temps déterminé, en vue d'en faire les acteurs autonomes de leur propre destion collectif. Et ce pacte transcende aussi bien la personne du Kaya Maga que celle du Mansah Mali : point donc de "Leaders" ici et de "Followers" là, mais une union transcendantale qui relie les individus entre eux, et répartit les responsabilités de chaque catégorie suivant des règles admises par tous, dans l'intérêt de chacun...



P.S. foule = rassemblement de personnes sans but préalablement déterminé, comme un attroupement spontané. Cela n'a rien à voir avec "multitude" ou "peuple", en tant que personne morale politique conscient de soi en tant que collectivité, agissant en raison de cette conscience de soi, en vue d'objectifs (plus ou moins) collectivement définis. D'où il résulte qu'une foule fait toujours nécessairement "foule" : ce qui est souhaitable, c'est qu'elle parvienne ENFIN à faire "société", "peuple", "multitude" ; en dépassant certains égotismes sous-groupusculaires pour se penser en tant que être collectif doté de réelles capacités d'action sur son propre destin...

Posté par ogotemmêli, 30 mai 2007 à 10:12

De "Foule" à "Peuple"

- Des dizaines de milliers d'Africains de l'AOF ont été déportés par les colons en AEF. des dizaines de milliers de villages et agglomérations ont été incendiés par les troupes coloniales (lors des campagnes de "pacifications"), jetant d'innombrables Africains sur les sentiers mortifères de l'exode, privés de tout, dépossédés, arrachés à eux-mêmes...

- Les fontrières des Etats africains ont été tracées de telle sorte que , dans certains cas, une nation nègre vivant de part et d'autre d'un cours d'eau (ex. le Cavally) se retrouvait les fesses entre deux pays (Libéria et Côte d'Ivoire, en l'occurrence). Ou encore la frontière mettait telle agglomération sur le territoire de tel Etat, tandis que les terrains agricoles et/ou de chasse des habitants revenaient à un autre Etat.

- tout ce saccage des équilibres endogènes, toute cette mise sans dessus dessous a duré un siècle, de 1860 (voire plus tôt) à 1960 (voire plus tard). Pis encore, cela succédait à 400 ans de chasse à l'homme organisée depuis les côtes atlantiques jusqu'à l'inérieur des terres africaines. On peut donc comprendre qu'en quelques décennies d'Indépendances factices il soit encore si difficile aux foules africaines de faire "peuple" ; surtout lorsque tout a été fait, afin qu'elles n'y parviennent guère...

Ce défi est donc devant nous, c'est à nous Africains d'aujourd'hui à le relever, par exemple en commençant par reprendre le processus des "Conférences Nationales" là où il a été saboté, en vue de dire tout ce que nous savons de tant d'entraves, manigances, comprissions, crapuleries, depuis Avant-hier jusqu'à aujourd'hui...

Ensuite, prendre collectivement des dispositions fondamentales, organiques, visant à faire ensorte que plus jamais nous n'abdiquions de notre DROIT NATUREL à décider pour nous-mêmes, à disposer librement de nos propres ressources, à élaborer nos propres institutions et lois, et à vivre selon ces dispositions.
Bref à faire peuple...

Posté par ogotemmêli, 30 mai 2007 à 10:41

L'exercice du développement ne consiste pas à faire un simple "copier-coller" d'un modèle de développement vers un autre.

La preuve la plus évidente est le modèle démocratique à l'européenne qui ne marche pas dans nos états où les populations se reconnaissent plus dans leur appartenance ethnique que dans le concept d'état-nation.

Pas plus que ne marchera forcément le modèle asiatique en Afrique.

Pourtant à y voir plus clair, la démocratie en allemagne, au USA, en scandianvie, dans les pays de l'est et dans les monarchies et principautés occidentales a de particlier qu'elle est peut être différente dans le concept et l'organisation structurelle tout en arrivant pourtant au même résultat de stabilité.

certes nous avons besoin d'instrument de liberté et de développement comme la monnaie, la souveraineté territoriale etc ...mais notre problème majeur, est notre manque de courage et de clairvoyance au niveau politique.

Posté par Eppix, 30 mai 2007 à 11:55

Entre Communautariens et Libertariens

Salut,

Ce beau débat que suscite cet article de Théo est un prolongement de celui qui a eu de forts retentissements aux USA dans les années 1980 entre les Communautariens (Sandel, Mac Intyre, Walzer) et les Libertariens (Nozick).

Bien sûr, je reste persuadé que la démocratie libérale n'est pas cette "fin de l'Histoire" dont Fukuyama se fait le chantre! Il nous revient d'inventer le système politique qui reponde le mieux à nos aspirations.

Il faudra donc se défaire du substrat de l'Etat libéral qui se veut neutre (veilleur de nuit selon Nozick), qui prône la suprématie de l'individu et de ses droits dans la vie sociale. Cet Etat ne fait que promouvoir et défendre les droits civils et politiques, les droits économiques et sociaux des citoyens,...

En voulant innover, la première question qui se pose à moi est la suivante: en des termes strictement juridiques, que signifie "la communauté"? Peut-elle se poser en sujet de droit? Si l'on y parvient (le triomphe du NOUS sur le JE), il nous reviendra de définir des objectifs véritablement nationaux.

Le management participatif peut nous être d'un secours inestimable. Maslow a défini les cinq besoins vitaux de l'Etre humain. Nous pouvons les subdiviser en divers sous groupes:
-l'alimentation;
-la santé;
-l'éducation;
-l'exploitation et la gestion de nos richesses;
-les institutions politiques que nous voulons (le type de régime politique, le nombre de ministres, de députés, de maires...)


Il s'agira par la suite de parcourir les différentes régions de la CI (18) dans le but de recenser les besoins des populations dans ces différents domaines. Nous pourrions également exploiter les Etapes de la croissance économique de Rostow: à quel niveau nous situons-nous dans ces différentes étapes? Quels éléments promouvoir pour passer à l'étape suivante?...

A partir du moment où ces objectifs sont définis, amener les uns et les autres à se les approprier. Il faudra mobiliser toutes les forces sociales et politiques: partis politiques, ong, diverses associations, mouvements religieux (qui devront amener leurs fidèles à la culture du travail au lieu de cet "attentisme eschatologique")

En interrogeant l'histoire, le communisme et le socialisme nous découragent par leur étatisme dévorant. Mais il nous faut parvenir à poser la communauté, la nation comme sujet de droit au détriment de l'individu.

J'entends d'ici les sirènes des Libertariens et autres adeptes de la démocratie libérale...

Posté par Levy, 30 mai 2007 à 15:47

Rostow ou Obenga?

Levy : ta démarche consisterait-elle à se doter d'outils fabriqués par d'autres (Maslow, Rostow, etc.), en vue de "réparer" les réalités africaines (ivoiriennes) pour qu'elles soient à l'image de ce que ces autres conçoivent comme étant désirable?

Les étapes de La croissance de Rostow présupposent une seule sorte de "développement", sur la voie duquel certains sont "en avance", et les autres "en retard". De surcroît, dans sa perspective la corrélation indéniable entre "l'avance" des uns et le "retard" des autres est purement et simplement occultée, esquivée, ignorée. Comme si les uns étaient prédestinés à être Devant, tandis que les autres seraient malheureusement incapables (par nature?) à suivre la voie : pur jus d'eurocentrisme triomphant du temps des colonies. Une logorrhée désuète, que des théoriciens comme Serge Latouche (Cf. "Et si l'Afrique refusait le développement?"), Cornelius Castoriadis, Samir Amin, Immanuel Wallerstein, ont réduite depuis longtemps...

Sur triomphe du "Nous sur le Je" : il ne s'agit pas de "triomphe", mais d'harmonie, dialogue, négociation, entre les préoccupations collectives et les attentes individuelle. Une recherche d'équilibres dynamiques entre l'un et le multiple, entre individu et société. Sauf que dans les sociétés africaines anciennes (Kmt, Kush, Napata, Awoum, Wagadu, Mali, Kongo-Dyna-Nza, etc.), les préoccupations collectives ou les impératifs du vivre-ensemble, sont déclarés prépondérants par rapport aux considérations individuelles : l'individu dépend de la société, et non le contraire...

Pour changer une réalité sociétale, il vaudra toujours mieux partir d'elle, de sa propre expérience, de ses institutions et pratiques, afin d'envisager les possibilités réelles de son devenir-autre, en harmonie avec elle-même. Etudier les réalités africaines en partant de ces réalités mêmes pour imaginer les outils de leur connaissance véritable, profonde, intime : cette option épistémologique est celle de l'afrocentricité (Cf. Asante Kete Molefe, Leonard Jeffries, Théophile Obenga, Ama Mazama, Malauna Karenga, Rashidi Runoko, Ivan Van Serima, etc.), qui recherche dans l'Afrique même, dans sa propre histoire, les voies les plus adéquates de sa Renaissance politique, culturelle, économique, scientifique, philosophique, etc.

Posté par ogotemmêli, 31 mai 2007 à 09:32

Le Donner et le Recevoir

Salut,

De Tokyo à Santa Cruz en passant par Rabat, Jo'Burg, Paris, Montreal, je crois que le viallage planétaire est entrain de se mettre en marche. Je ne fais pas ici référence aux moyens de communications nous permettant d'avoir les nouvelles de l'humanité dans sa globalité mais de la culture qui s'universalise pratiquement.

Y'a-t-il un moyen d'y échapper? Cette problématique a suscité et continue de nourir de nombreux et féconds débats dans les milieux intellos. Jacques Ellul (le système technicien, la technique ou l'enjeu du siècle, Ce que je crois...)semble donner la reponse la plus radicale. La technique a sa propre culture qui s'impose aux Etres humains quelque soit leurs dispositions mentales, culturelles, religieuses, économiques, philosophiques, politiques...Cette position peut être discutée.

Ce que je voudrais mettre en exergue, c'est qu'il sera un peu difficile de se défaire de cette culture entrain de se faire pour faire vivre une autre forme de culture; Bidima parle de "Possibilité impossible". Ma position est un peu idéologique mais je me nourris ici volontier de la mamelle religieuse qui est mienne.

Ceci dit, je crois qu'il n'est nullement question de copier le modèle de développement d'un autre. Il s'agit plutôt d'emprunter à l'Autre ce qui peut nous faire avancer, donc le dynamisme du donner et du recevoir. D'ailleurs cette culture exploitée par l'Occident a de profondes racines en Egypte, en Asie...

Ogo, je ne pense pas qu'il soit simplement question de faire de l'anti-blanc notre pain béni! Je reste convaincu que ce n'est pas ce que tu as voulu dire. A toi donc de nous éclaircir!

Posté par Levy, 31 mai 2007 à 12:33

donner Quoi, recevoir Quoi?

Levy : "[...]la culture qui s'universalise pratiquement."
Le fait accompli n'est pas un projet : c'est un fait qui, par la seule force de son pouvoir-être, advient sous nos yeux, parfois ébaillis, incrédules. Ce fait consiste fondamentalement en la mondialisation de la civilisation occidentale, souvent au détriment de toutes autres alternatives. Un processus en cours depuis maintenant 500 ans...

Levy : "[...]il sera un peu difficile de se défaire de cette culture entrain de se faire pour faire vivre une autre forme de culture."
Difficile, certes, mais pas impossible : la question est de savoir si en tant qu'Africains nous avons intérêt à ce que les choses se fassent telles qu'elles se font, sans nous, contre nous. Sinon, nous n'avons pas d'autre choix que de penser des alternatives plus viables et plus équitables. Si chaque Etat du monde devrait tendre vers le mode de vie des Etatsuniens, il faudrait cinq planètes Terre pour procurer les énergies, matières premières et autres ressources naturelles nécessaires à la réalisation d'une telle chymère. Ce contre quoi on ne fait rien peut apparaître inéluctable, mais cette inéluctabilité procède d'abord de son apathie...

Levy : "[...] je crois qu'il n'est nullement question de copier le modèle de développement d'un autre."
Dans ce cas, inventons notre propre modèle, ici et maintenant, sans plus tarder. Mais comme on ne peut partir de néant, serait-il inopportun de considérer certaines solutions que nos ancêtres avaient mis en oeuvre, de s'en imprégner afin d'en tirer la force intérieure nécessaire au dépassement de la misère collective où nous sommes depuis si longtemps?

Levy : "Ogo, je ne pense pas qu'il soit simplement question de faire de l'anti-blanc notre pain béni! Je reste convaincu que ce n'est pas ce que tu as voulu dire. A toi donc de nous éclaircir!"
Anti-Blanc :
ce serait une perte de temps et d'énergie que de jouer à ça. Trop de martyrs jalonnent notre passé, depuis les résistances à l'esclavage, à la colonisation et au néocolonialisme. Ce serait surtout une stupidité que d'affronter les Blancs sur le terrain de la force où ils nous battent depuis 500 ans, sans discontinuer...

Pro-Africain :
au lieu de s'opposer aux autres par une inimitié obsessionnellement haineuse, il vaudrait mieux se reconnecter à soi-même, investir son être-Africain au plus profond de soi, en vue de renaître plus fort, mieux aguerri. "Si tu ne sais pas où tu vas, sache au moins d'où tu viens" : il est possible de repartir de cet endroit pour concevoir un nouveau chemin, en tirant tous les enseignements de ce passé...

Donner :
comment donner ce que je ne sais même pas que je possède? Au mieux, cela m'est extorqué sans que je n'y puisse rien, par ceux qui en ont compris tout l'intérêt. Ex. Tous les grands musées occidentaux sont remplis d'objets extorqués à l'Afrique, notamment pendant la colonisation, et qui font leur fortune scientifique aussi bien que touristique...
Au pire, cela s'étiole dans un contexte général de dégénrescence de tout ce qui constitue la richesse de mon expérience humaine (millénaire). Ex. Les langues africaines sont laissées en déshérance par les systèmes d'éducation africains, où prédominent des langues non-africaines, pourtant parlées par si peu d'Africains en Afrique. Un autre exemple, de nombreux systèmes d'écriture africains (Vai, Basaa, Nsibidi, Bambara, etc.) sont dévalorisés, laissés pour compte, alors qu'ils constituent une richesse inestimable que nos ancêtre ont produite, et qui est sans aucune commune mesure avec tout ce que nous avons fait depuis lors. Pour rappel, Israel a commencé à réhabiliter la langue et l'écriture hébraïques seulement depuis 1948...

Recevoir :
si je ne sais pas ce que je possède, alors je ne peux savoir vraiment ce qu'il me manque. Je m'expose ainsi à recevoir tout et surtout n'importe quoi, non pas en fonction de mes propres besoins, mais plutôt en fonction des excès des donnateurs ou en tout cas de ce qu'ils sont disposés à donner.
Ex. les excès de produits agroalimentaires occidentaux déversés sur les marchés urbains africains, et qui tuent purement et simplement les productions locales, la possibilité d'expansion, d'industrialisation des processus locaux d'autosuffisance alimentaire.

Quand j'étais collégien à Bouaké, à la fin des années 1970, on servait de la viande congélée importée d'Argentine : goût infect, texture excécrable. Si au lieu de cela, l'on avait élaboré un programme régional de production animale, notamment avec le Niger, appuyée sur le développement des cultures pastorales millénaires du Sahel, l'Afrique de l'Ouest produirait aujourd'hui l'une des meilleures viandes, dite "biologiques", au monde. Pour cela, il aurait fallu désaliniser l'eau de mer, la transporter par aqueducs depuis les côtes atlantiques jusqu'au Sahel, y construire des lacs artificiles de rétention, en vue d'irriguer les surfaces agro-pastorales. Toute la technologie existe, et est utilisée notamment en Arabie Saoudite. Quand les blancs ont besoin du pétrole du Tchad, ils savent le transporter depuis ce pays en traversant le Cameroun pour l'acheminer jusqu'à chez eux en bateau. Le tout financé, principalement par la Banque dite "Mondiale"...

Bref, avant de donner ou de recevoir, je préférerais d'abord me connaître moi-même vraiment, savoir quels sont mes atouts dans ce monde si compétitionnel, comment les utiliser au mieux de mes propres intérêts : l'uranium nigérien alimente les centrales nucléaires françaises pour assurer l'indépendance énergétique de la France. Quid de la situation énergétique du Niger??? N'est-ce pas scandaleux que ce rype de relations ne profitant qu'autres perdure depuis si longtemps???

Reconquérir notre souveraineté par la Négociation, plutôt que par la Force dont nous manquons de toute façon. Employer cette souveraineté retrouvée à construire notre propre destin, en puisant d'abord en nous mêmes les principaux ingrédients de cette Renaissance. Une telle attitude ne s'oppose pas systématiquement aux autres ("Anti-blanc"), elle se pose seulement en-soi, et pour soi...

Posté par ogotemmêli, 01 juin 2007 à 14:01

Les Relations Inter

Salut,

Nous y serions parvenus de toutes les façons. Là où les intellos se rencontrent, il y a toujours des courants de pensée. A vrai dire, je pense que tu es la voix la plus féconde de ce blog, parmi les notables, mon cher ainé Ogo. J'aurais bien aimé commencer avec Lanzi, Eppix, après Ralph pour en arriver à toi, Ogo. C'est tout de même un honneur de confronter nos arguments pour mon enrichissement.

Ogo, ce qui est fait est un projet. Ce n'est pas un système mécano-relationnel advenu par le truchement de simples données techniques. Quand la révolution industrielle anglaise a produit plus qu'il ne le fallait pour la consommation locale, il a fallu trouver de nouveaux débouchés et également de nouvelles sources de matières premières. L'invention de moyens maritimes y a contribué. On retrouve les traces de ce projet chez Hobbes et, plus près de nous, dans la pensée de Annah Arendt (quand elle cherchait les origines du totalitarisme).

Avoir "intérêt à proposer autre chose" n'est pas suffisant. Certes, il est de notre ressort de produire des discours normatifs (l'ordre du souhait). Mais, nous ne devons pas oublier l'aspect descriptif (l'ordre des choses, de l'Etre). D'Abidjan à Rabat en passant par Lomé, Abuja, Yaoundé (escale forcée), Luanda, Jo'Burg, Addis-Abeba...je crois que nous sommes sur le même sentier que les puissances occidentales. Malgré la résitance religieuse asiatique, quel modèle de développement la Chine, le Japon, la Corée du Sud...ont-ils produit? Ce n'est pas avec "La Théorie Z" de W. ouchi qu'on viendra me convaincre du contraire! Et si, ici à Abidjan, nous n'avons pas tous de véhicule, de climatiseur, c'est par manque de moyen et non un choix délibéré d'épargner de l'énergie (contrairement aux USA)!

Il est de l'Etre de la Raison de refuser que l'Advenir-Autre n'est plus possible. Mais je ne pense pas qu'il soit possible d'inventer une autre forme de vie. Tu veux recourir, très cher Ogo, aux "solutions mises en oeuvre par nos ancêtres". Qui s'en souviens encore? Je crois qu'à force d'échanger ici, nous parvenous à nous étiqueter par rapport à nos spécialités. Tu dois être Sociologue ou Historien (si je ne m'abuse). Mais comment gérer le Port d'Abidan? Irions-nous fouiller dans ce passé ancestral qui n'a pu résister à la pénétration française, anglaise, espangnole, portugaise sur la Continent? Ou alors, exploiterions-nous les stratégies managériales enseignnées dans les écoles sup' en les embaumant de parfum local comme le fait Zadi Kessy?

Bien sûr que l'écriture hébraïque qui a renoué avec son peuple depuis seulement 1948 (le Procès de Eichmann) commence à s'imposer. Mais cela est dû à la puissance économique, militaire qui la sous-tend. Et je pense que, toutes choses bien considérées, tous ces projets de développement que tu décris si bien ne serviront qu'à susciter le modèle de développement occidental.

Nous devons reconquérir notre souverainété nationale par la puissance technologique, militaire, nucléaire: "voler le feu aux dieux!"

Posté par Levy, 01 juin 2007 à 16:04

Pêle mêle

Ni historien, ni sociologue de formation. Mais passionné d'histoire de l'Afrique ancienne (anté-coloniale)...

"Ogo, ce qui est fait est un projet."
Oui, Levy, ce qui est fait est en effet un projet ; mais seulement du point de vue de ce qui font. Ceux-là ne sont pas les Africains...

"Avoir "intérêt à proposer autre chose" n'est pas suffisant."
Oh que non, malheureusement. Mais prendre toute la mesure de l'intérêt que nous avons à proposer autre chose : quel moteur! quelle attitude galvanisante! Rien à voir avec la fausse idée reçue que ce que l'on subit est inéluctable (d'aucuns vont jusqu'à considérer cela souhaitable)...

"Malgré la résitance religieuse asiatique, quel modèle de développement la Chine, le Japon, la Corée du Sud...ont-ils produit?"
He bien justement : vu d'ici, il semble que leur seule préoccupation soit de faire comme les Blancs, voire mieux qu'eux, dans la voie qu'eux-mêmes ont initiée. Désormais, les suicides de jeunes, les work addicted, les surménés, et autres névrosés sont plus nombreux au Japon que partout ailleurs, comme conséquences d'une vacuité, d'un mal être insidieux, en voie de propagation...

"Tu veux recourir, très cher Ogo, aux "solutions mises en oeuvre par nos ancêtres". Qui s'en souviens encore?"
J'ai cité quelques auteurs afrocentristes. Et t'invite à consulter l'article intitulé "afrocentrisme" de Wikipédia, une encyclopédie en ligne, où je contribue souvent...

Peut-être connais-tu le véritable Ogotemmêli (à qui je rends hommage par ce pseudo.), ce vieux chasseur dogon aveugle retraité que rencontra le professeur Marcel Griaule, dans les années 1947 (sauf erreur) : "Dieu d'eau, entretien avec Ogotemmêli". Tu verrais à travers cet ouvrage, comme avec beaucoup d'autres de l'école de Griaule, que certains s'en souviennent...

"Irions-nous fouiller dans ce passé ancestral qui n'a pu résister à la pénétration française, anglaise, espangnole, portugaise sur la Continent?"
Comprendre plutôt que "fouiller" : pour quelles raisons les institutions et pratiques ancestrales n'ont pu résister à la pénétration coloniale? Vaste question (que je ne redoute pas du tout d'affronter)...

Pêle mêle
- la question des langues officielles : africaines enfin, ou sempiternellement occidentales?
Je suggèrerais de retenir une seule langue occidentale dans l'enseignement public, au titre de langue internationale. Ce serait l'anglais, beaucoup plus répandu que toute autre langue. Puis, viendraient le chinois, l'indou et le Kréyol comme autres langues internationales à apprendre à l'école. Mais en premier lieu, il y aurait une langue négro-africaine, en tant que langue officielle, écrite dans une écriture négro-africaine. "La langue est la boîte noire de toute civilisation", disait alain Anselin...

- L'énergie solaire comme fondement d'un nouveau modèle de développement industriel, avec une disponibilité de 5 milliards d'années. 365 jours par ans en ce qui concerne l'Afrique. Créer des centres de recherche des technologies solaires. Subventionner des programme de mise en oeuvre industrielle, dès maintenant. Il n'est évidemment pas del'intérêt des Occidentaux de financer la recherche sur une source d'énergie dont ils sont les moins pourvus, et qu'il leur serait plus ifficile d'importer que le pétrole, ou le gaz naturel par exemple...

- En Afrique, la première chose que l'on offre à l'étranger, c'est soit de l'eau, soit du lait, selon les régions. Il n'y aucune nécessité à privatiser l'eau, l'énergie (et bientôt l'air?) : la collectivité pourrait se fournir à elle même, donc à chacun de ses membres, ces denrées aussi vitales. Elles ne seraient donc pas gratuites, mais collectives. Tout comme d'ailleurs la terre : dans les traditions africaines, la Terre-mère n'appartient à personne. Nous l'avons reçue des ancêtres, lesquels ont régulièrement réalisé des opérations rituelles, afin que cette terre nous accueille favorablement, et perpétue les lignées. L'appropriation privée de la terre n'est ni nécessaire, ni même plus efficace ; surtout dans une Afrique subsaharienne de 20 millions de km2 qui est moins peuplée que la Chine, avec des ressources naturelles largement plus importantes...

- partage du temps de travail
Dans certains villages africains, pour construire une maison, on invite une catégorie de personnes (ex. une classe d'âge avec son chef) qui aide à faire en peu de temps ce que tout seul on aurait mis très longtemps à accomplir.

Le temps ainsi collectivement soustrait au travail (travaux champêtres, architecturaux, et autres gros ouvrages), permet à chaque membre de la collectivité de se consacrer à des loisirs (musique, danse, contes, etc.), à participer aux funérailles (le culte des morts étant une activité de la plus haute importance pour les Africains...), à rendre visite aux parents géographiquement éloignés. Bref, à entretenir tant de liens qui font précisément société (initiation, baptême, enterrement, sortie de deuil, etc.), et renforcent la solidarité organique, le sentiment d'appartenance à la collectivité des citoyens...

- etc.

Posté par ogotemmêli, 01 juin 2007 à 23:07

Préoccupations africaines contemporaines

Salut,

Ogo, ce sera ma dernière réaction dans ce débat qui a pris de véritables allures de "querelle d'écoles".

Je crois que le combat qui mérite de mobiliser toutes nos énergies est de susciter une mouvance rendant la jeunesse curieuse, assoiffée de connaissances, assaillie d'interrogations, sans jamais être lassée de se remettre en question et de structurer son action. Là doivent converger toutes nos actions.

Je voudrais revenir, dans cette Afrique contemporaine, sur les problèmes auxquels nous devons trouver des réponses immédiates en réalisant une sorte d'audit de l'existant.
-Les routes, les voies ferrées, les ports, les infrastructures électriques sont délabrés sur le Continent;
-La question des dettes extérieures et intérieures;
-Le cours du cacao et du café qui ne cesse de hanter le planteur de Soubré; surtout avec l'introduction de matières grasses;
-Le paysan de Boundiali ne sachant trop que faire de son coton;
-Les étudiants et leurs éternelles questions de bourse, de logement, de transport...;
-La question du financement des centres de recherches...

Face à ces interrogations, que peut le retour au passé ancestral? A supposer même que certains se souviennent des modes d'organisation et de gestion de cette période, penses-tu, mon cher Ogo que ces données (à supposer fiables)puissent trouver des reponses adéquates à nos préoccupations de l'heure?

Bien sûr qu'en termes de management, les managers du Port d'Abidjan peuvent laisser de côté la théorie des deux facteurs (Herzberg), la pyramide des besoins (Maslow) pour envisager d'autres pistes. Weiss Dimitri pense à ce sujet, d'ailleurs, qu'en management, il n'y a pas de fin de l'histoire. Mais de là à recourir à ces pistes ancestrales...

Je pense que l'heure est à la quête de stratégies à même de nous rendre plus compétitifs sur le terrain de la mondialisation puisque nous ne pouvons pas nous écarter de la marche du monde pour envisager une autre forme de vie. Songeons donc à mobiliser toutes les ressources en vue de bénéficier de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), de l'initiative de la dette multilatérale (IADM).

Les indicateurs standards de la financiarisation sont bien plus faibles en Afrique subsaharienne que dans les autres régions en dévéloppement. Pour inverser ces tendances, des réformes s'imposent dans nombre de domaines notamment en ce qui concerne le climat d'investissement, le commerce, le secteur financier, la consolidation des institutions.

A titre d'exemple:
-Climat d'investissement: dans le rapport 2006 de la Banque Mondiale "Doing Business: How to reform", qui classe 175 pays en fonction de la facilité d'y mener une activité économique, la place moyenne d'un pays de l'Afrique subsaharienne est 131è. Tous les types d'activité privée se heurtent à des obstacles dans de multiples domaines. Ainsi la création d'une entreprise nécessite 11 démarches en Af sub contre 8 en Asie du sud et requiert 2 mois contre 1 seulement en Asie du sud.
-La libéralisation des échanges: s'efforcer d'abaisser les droits de douane.
-Les secteurs financiers: ils se sont nettement améliorés depuis 1990.*Les banques en difficulté perpétuelle qui étaient souvent des banques d'Etat ont été assainies ou fermées. *Le respect des normes financières internationales s'est beaucoup amélioré. Pourtant, du point de vue de la financiarisation, les pays subsahariens sont très en retard par rapport aux pays en développement. Des réformes s'imposent pour échapper à la complexité des démarches administratives, à la corruption, au dédale juridique...

Mon Cher ainé Ogo, une question n'a cessé de hanter les philosophes depuis Socrate: celle du meilleur régime. La reponse viendra de Rousseau: le détenteur légitime du pouvoir politique, c'est le Peuple. Depuis lors, deux organisations se sont mises en places: la démocratie répresentative et la démocratie directe; même si Habermas tente d'explorer une troisième voie, celle de le "Démocratie radicale" dans son ouvrage "Droit et Démocratie". Une chose est certaine, la question initiale a été abandonnée.

Ogo, bon nombre de tes préoccupatons ont trouvé des éléments de réponse avec CA Diop que tu connais si bien! Il nous revient donc de les exploiter afin d'avancer.

Notre tâche serait, ainsi, de penser le renforcement de nos institutions chargées d'appliquer les politiques économiques afin de réduire les goulets d'étranglement qui freinent la productivité.

Pour clore, un programme prospectif de réformes s'impose pour susciter la stabilité macro économique, améliorer le climat des affaires, développer le secteur financier, promouvoir le commerce, renforcer les institutions budgétaires, améliorer la gouvernance afin de réaliser les OMD. Voici nos préoccupations contemporaines!!!

Posté par Levy, 04 juin 2007 à 15:14

Détour (mais non retour) par le passé

Frère Lévy,
Appelle cela "querelle d'écoles" si tu veux, mais de telles discussions sont plus que jamais à souhaiter, voire à susciter en Afrique, plutôt qu'à esquiver ; surtout par des interlocuteurs sachant, comme toi, de quoi ils parlent...

Le détour par le passé vise à mieux comprendre notre présent ; ce qui est une condition favorable à l'élaboration de stratégies adéquates, en vue de relever les défis de notre temps. Le fait de se reconnecter à soi-même n'est pas incompatible avec le projet d'interagir avec autrui ; bien au contraire...

Dans "Aspects des castes du Mali", le sage Hampaté Bah explique que les classes d'initiation étaient septernaires au Soudan : à partir de cette information, j'ai conçu l'idée d'un cycle d'enseignement subdivisé en 7 niveaux comportant chacun 7 années. Les 3 premiers niveaux privilégient les matières générales (de 0 à 21 ans, qui serait l'âge de la majorité). Et les 4 derniers portent principalement sur les enseignements professionnalisants, dont les deux derniers consisteraient également en Formation Continue (perfectionnement, reconversions, etc.) le long du parcours professionnel de chaque citoyen. Notre passé appréhendé comme soutien ou béquille pour aborder l'avenir, et peut-être réveiller des voies/voix en nous enfouillies...

Considérons maintenant les questions circonstanciées que tu soulèves :
-"Les routes, les voies ferrées, les ports, les infrastructures électriques sont délabrés sur le Continent" : parce que aucune institution publique n'a jamais eu réellement pour mission de s'en occuper. Les dirigeants souvent choisis par leurs parrains étrangers n'ont pas vocation à régler ces affaires. Elaborer des programmes régionaux de grands travaux d'infrastructures, en y consacrant toutes les quantités monétaires nécessaires...


-"La question des dettes extérieures et intérieures" : soit rembourser la dette extérieure grâce aux réserves de dévises siphonnées par le TPF. Soit engager des procédures en non-remboursement, car il est établi que ces dettes ont déjà été remboursées plusieurs fois, outre qu'elles ont surtout servi au développement des intérêts économiques des prêteurs en Afrique ; ce au détriment des Africains eux-mêmes. Quant à la dette intérieure, le bon usage du droit souverain de battre-monnaie permet à tout Etat d'injecter dans son économie nationale autant de quantité de sa propre monnaie qu'il juge nécessaire au bon fonctionnement de ladite économie...

"-Le cours du cacao et du café qui ne cesse de hanter le planteur de Soubré; surtout avec l'introduction de matières grasses" : au lieu de brader des gisements de valeur ajoutée aux importateurs de nos matières premières, il faudrait progressivement les transformer sur place. Cela permet de mieux maîtriser les cours et surtout de tirer meilleur parti de nos ressources. Je propose donc que l'Etat construise des unités de transformation dans la région de Soubré, et qu'il diversifie la filière vers la fabrication de produits cosmétiques à base de cacao. La tendance "écolo-ethnique" cartonne actuellement, notamment les produits à base de karité, avocat, cacao, etc.


-"Le paysan de Boundiali ne sachant trop que faire de son coton" : même démarche visant à la transformation locale de nos ressources, en vue d'en tirer le maximum de valeur ajoutée, c'est-à-dire d'emplois, impôts, taxes et salaires...

"-Les étudiants et leurs éternelles questions de bourse, de logement, de transport...;
-La question du financement des centres de recherches..." : la souveraineté monétaire pleine et entière permet d'émettre autant de quantité monétaire en monnaie nationale que ce qui est nécessaire au fonctionnement optimum de l'économie. Cela reviendrait à financer le budget national par le crédit public, de préférence aux impôts et taxes dont nos Etats voient si peu la couleur, et dont ils pourraient ainsi se passer plus aisément...

Posté par ogotemmêli, 04 juin 2007 à 21:41

mode de communication

pouvez vous vous etendre sur le mode de communication de vos suggestions a la jeunesse Ivoirienne.
Ill semblerait que Guillaume Soro,Ble Goude ,Doug Saga ou un Drogba ont un tous etablis un dialogue plus fort et constant avec la psychee de la jeunesse.

Vous citez bcp de personnes qui de leur vivants ont Su engage leur communaute.Quels sont les penseurs Ivoiriens voir Africains qui arrivent a occuper les pensees de la jeunesse Africaine-ivoirienne.

Parlant de penseurs,strategies et development, Quelles sont vos opinions au sujet de la conference Ted Global Africa the next chapter en cours a Arusha Tanzanie ?

Posté par Frederic N'sieni, 05 juin 2007 à 19:40

A Frederic...

... Je prépare un post sur les idées que me suggèrent TED Global, notamment au sujet de Georges Ayittey, qui semblent intéressantes. Peut-être jeudi ? Demain, je suis au Ghana toute la journée.

Posté par Théo, 05 juin 2007 à 23:22

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