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Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, d'une Afrique des Africains plus solide face à la violence des impérialismes ? Vous militez pour un continent démocratique et indépendant ? Moi aussi. Marchons d'un même pas.

31 mai 2007

Calixte, Vincent, Michel, et les autres...

Calixte Tayoro continue le making-of de son futur documentaire sur les médias et la crise ivoirienne. Il vient d'actualiser son blog où il rapporte ses rencontres avec Vincent Peillon, l'ancien porte-parole de Licorne devenu consultant en communication de crise (et qui a un blog). Il raconte aussi ses échanges avec Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de guerre économique, qui tente d'expliquer pourquoi Gbagbo a, selon lui, battu Chirac sur le terrain de "la guerre de l'information". Perfide, il nous met l'eau à la bouche au sujet de ses conversations avec une "concierge" du village franco-africain, Jean-François Probst alias Le Prince Pokou. Calixte nous propose un lien intéressant : celui qui nous amène sur les articles de type universitaire du politologue français Michel Galy, qui a participé de manière décisive au débat sur les ambiguités de Paris au sujet de la crise ivoirienne. Bref, allons chez Calixte, le "stratégiste" du village...

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29 mai 2007

Leadership et «followership»

Un illustre aîné qui nous fait l’amitié de partager ses réflexions sur la marche de l’Afrique nous revient de la lointaine Asie avec un anglicisme curieux aux lèvres : «followership». Le mot qualifie la capacité d’un groupe à suivre efficacement ceux qui sont reconnus comme leaders, dès lors qu’ils indiquent une voie collective.

Le «followership» apparaît donc comme l’indispensable complément du «leadership». Que vaut un leader aux capacités éprouvées si sa base ne le comprend pas, le rejette, le conteste à tout propos et hors de propos ?

muraille_de_chineLes Chinois, nous explique l’illustre aîné, attribuent leur réussite de ces dernières années à la force de l’Etat (un bon leadership) mais surtout à ce qu’ils appellent un bon «followership». En Chine, dès qu’une grande orientation stratégique est prise par les décideurs, toutes les énergies nationales convergent et rendent le challenge plus facile à réaliser, expliquent les citoyens de l’Empire du Milieu, fiers de leur «success story». Bien entendu, les mauvaises langues ont bien le droit d’attribuer le bon «followership» chinois à la rude férule d’un Parti communiste qui se situe aux antipodes de la démocratie.

Ceci dit, un constat demeure : du parti unique et des régime des «sauveurs de la Nation» à l’ère du pluralisme politique, la question du mauvais «followership» est une constante têtue. Sous la contrainte, nous faisons semblant de suivre, usant de maints subterfuges pour subvertir les décisions des «en haut de en haut». Sous le régime libéral, nous faisons ce que nous voulons, et au sein de l’élite, ceux qui veulent être califes à la place du calife pullulent, souvent en dépit de leurs potentialités et du bon sens.

Pourquoi ? Nous devons nous interroger de toute urgence. Je suis persuadé que notre libération collective viendra, entre autres, de notre capacité à mener chacun notre psychanalyse personnelle et de notre aptitude à poser les diagnostics nous permettant de dépasser nos névroses collectives.

lumumbaNotre piètre «followership» réside peut-être tout simplement dans le faible «leadership» de nos… leaders. Mais peut-on dire avec certitude que nous avons suivi nos dirigeants les plus éclairés ? Ruben Um Nyobé, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et les autres icônes de notre Panthéon n’ont-ils été réhabilités aux yeux de tous après leur trépas ? Ont-ils été mieux traités par leurs contemporains que les vulgaires sergents de la Coloniale qui ont souvent dirigé nos pays par le glaive et la terreur ? Le charisme de nos grands hommes du passé a-t-il fait disparaître les tendances scissipares de nos sociétés ? On peut bien entendu arguer du fort soutien dont a bénéficié l’ANC de Nelson Mandela - malgré les salves tribales de l’Inkhata. On peut se souvenir que des milliers d’Ivoiriens ont risqué leur vie parce qu’ils refusaient que l’ancien colonisateur renverse le président qu’ils s’étaient librement donnés. Mais les contre-exemples sont là, et nous interpellent.

Peut-être que nos foules savent pas faire foule précisément parce qu’elles ne sont pas «en réseau», parce qu’elles sont incapables de se concevoir autrement que comme une poussière de petits groupes antagonistes, parce qu’on leur a savamment inculqué le virus de la division. «Les pouvoirs franco-africains organisent (…) le vide, le silence morose, le côtoiement des individus, des groupes, des catégories, des ethnies, jamais leur dialogue et leur interpénétration, en un mot l’obscurantisme...», dénonçait Mongo Beti dans sa revue Peuples noirs, peuples africains.

Peut-être que nous nous refusons à adhérer au discours public et au projet collectif parce que nous sommes taraudés par un afropessimisme têtu, encore plus féroce que celui des Occidentaux. Si tel est le cas, qu’est-ce qui nous rend si incrédules face à l’éventualité de meilleurs lendemains pour nous en tant que groupe ? Interrogeons-nous pour nous libérer.

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26 mai 2007

Tout sur les messieurs Afrique de Nicolas Sarkozy

C’était le lundi 21 mai. Au Palais présidentiel du Plateau, à Abidjan, le président ivoirien Laurent Gbagbo recevait l’ancien international de football d’origine ivoirienne et de nationalité française, Basile Boli. «Je suis un enfant de la Côte d’Ivoire, même si je suis de nationalité française. J’effectue une visite de courtoisie chez le président Laurent Gbagbo pour dire que la France reste toujours l’amie de la Côte d’Ivoire». Le discours ressemble volontairement à celui d’un porte-parole, d’un porteur de messages. A Abidjan, les milieux informés savent que Basile Boli est un proche du nouveau président français Nicolas Sarkozy, qui lui a confié en février dernier, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, président de l’UMP et candidat à la présidentielle, une «grande mission» sur la diversité. «Je souhaite que les élites françaises ressemblent à la diversité de la France. J ’ai voulu confier à Basile une mission pour qu’il incarne cette diversité. C’est un homme (…) qui incarne cette France multiple que je veux représenter», avait alors déclaré Nicolas Sarkozy dans une vidéo diffusée sur son site internet ). Il y a quelques mois, certains observateurs avaient interprété la cooptation de l’ancien sociétaire de l’Olympique de Marseille comme une sorte de réplique de Nicolas Sarkozy face aux attaques de Lilian Thuram, joueur de foot «black» lui aussi, jamais avare de saillies verbales anti-Sarkozy.

Vraiment influents, les Blacks du président ?

boliBasile Boli, qui affirme avoir été jusqu’à une date récente sympathisant du Parti socialiste, n’a pas hésité à faire des déclarations dans la presse ivoirienne, notamment sur la politique ivoirienne de la France. «

Bon nombre d’Africains sont avec Madame Ségolène Royal, mais moi je ne vais pas suivre le troupeau comme ça. Je ne voyais rien venir de la gauche. Fabius, Strauss Kahn, Ségolène et Hollande, n’ont pas de politique concrète sur l’Afrique. On a été "emmerdé" pendant cinq ans dans notre pays et la politique française a sa part de responsabilité dans la crise ivoirienne. Je n’ai pas peur de le dire. Je me suis donc dit que je soutiendrai la personne qui viendra me convaincre sur la politique africaine de la France. Je ne soutiens pas le fait que tout le monde aille dans le même sens en diabolisant M. Nicolas Sarkozy. C’est un fils d’immigré qui dit qu’il faut qu’il y ait des lois pour que la France arrive à la hauteur des pays européens, économiquement. La France a dégringolé de la 3e place à la 5e place des pays les plus riches. Il dit donc qu’il faut des partenariats, en mettant de côté les réseaux Foccart, les réseaux Pasqua, les réseaux Mitterrand. Aujourd’hui, il y a au moins 450 millions de jeunes en Afrique qui ne sont plus comme dans les années 60. Ils sont plus agressifs, ils ont Internet, ils sont plus informés. Il faut donc un autre genre de partenariat. Il faut encourager les entreprises en Afrique à créer beaucoup plus d’emplois et qu’ici, le gouvernement français les aide dans tous les domaines. (…) Je ne manque pas de lui demander toutes les fois que je fais le footing avec lui ce qu’il va faire pour la Côte d’Ivoire. Il sait qu’il y a une crise qui dure depuis cinq ans. Il connaît mon pays, il sait d’où je viens. Il est actuellement heureux qu’il y ait le dialogue direct. Il a trouvé que c’était super», a ainsi affirmé, entre autres choses, Basile Boli dans une interview à Fraternité-Matin. Une question se pose cependant : est-ce parce que Boli est loquace sur les discussions qu’il a eues avec le candidat à la présidentielle française lorsqu’ils faisaient du jogging ensemble qu’il aura forcément de l’influence sur la politique africaine de l’homme d’Etat désormais élu ? Rien n’est moins sûr.

De toute façon, Basile Boli n’est pas le seul «black» médiatique de Nicolas Sarkozy. L’Ivoirien Dogad Dogoui, fondateur de l’association Africagora (qui œuvre pour l’insertion des cadres d’origine africaine dans le monde de l’emploi en France) et porte-parole du Cercle de la diversité républicaine, s’est également engagé aux côtés de Nicolas Sarkozy. Parce qu’il présente un «projet» là où les socialistes français affichent une «posture», affirme-t-il sur le site de campagne du nouveau président français. Comme Basile Boli, Dogad Dogoui affiche sur la Côte d’Ivoire des positions républicaines et hostiles à la déstabilisation des institutions. Ce proche de Christine Boutin, actuelle ministre du Logement et fondatrice du Forum des républicains sociaux (FRS) pourra-t-il, désormais, avoir de l’influence sur la politique de Sarkozy en Côte d’Ivoire et en Afrique ? Rama Yadé, «la» jeune (elle a 29 ans !) Black de Sarkozy, secrétaire nationale de l’UMP, qui serait de la même famille que le président sénégalais Abdoulaye Wade, aura-t-elle, dans les cinq prochaines années, son mot à dire sur la relation franco-africaine ? Nicolas Sarkozy l’Atlantiste peu hostile aux communautarismes jouera-t-il la carte des «Africains-Français» comme l’Oncle Sam séduit l’Afrique en y envoyant des «brothers and sisters» Africains-Américains ? Si l’on s’en tient aux promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, c’est fort peu probable. «Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée de scories du passé et des obsolescences qui perdurent de part et d’autre de la Méditerranée. (…) D’abord, cette relation doit être plus transparente. Il nous faut nous débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autres mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé», a par exemple clamé Nicolas Sarkozy. Dans cette logique - mais les promesses, en politique, n’engagent-elles pas que ceux qui y croient ? -, les palais africains et les analystes feraient mieux de se focaliser sur les officiels, ceux qui ont été nommés pour travailler sur et avec le continent.

Bernard Kouchner ou Brice Hortefeux ?

Au niveau ministériel, qui s’occupera de l’Afrique ? Traditionnellement, la «rue Monsieur» (le ministère de la Coopération ) a toujours cogéré la politique africaine de la France avec l’Elysée, marginalisant quelque peu le Quai d’Orsay. L’activisme de Dominique de Villepin, qui s’est installé au Quai d’Orsay après la réélection de Jacques Chirac en mai 2002, a un peu modifié la donne. Mais la «tradition» s’est imposée à nouveau dès son départ pour Matignon ( la Primature ) et l’arrivée aux Affaires étrangères d’un Philippe Douste-Blazy, bien moins présent sur la scène africaine que sa collègue de la Coopération , la très chiraquienne Brigitte Girardin. Avec le gouvernement «Fillon I», une innovation entre en vigueur. Le fameux ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale promis par Sarkozy lors de la campagne est un ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale… et du Codéveloppement ! Le codéveloppement étant un des aspects de la Coopération (ce dernier terme ne se trouve clairement cité dans l’intitulé d’aucun ministère), on se demande si Hortefeux gérera les chefs d’Etat africains comme une des variables du péril migratoire qu’il est censé endiguer… Brice Hortefeux n’a pas d’atomes crochus avec l’Afrique, et Sarkozy ne le lui demande pas. En revanche, ce proche parmi les proches du président français aura sans doute toute la confiance du chef pour «gérer», en cas de besoin, les relations ambiguës avec certains dinosaures africains amis !

kouchnerBernard Kouchner, nouveau chef de la diplomatie, ira-t-il en guerre contre les dictatures, en bon « French doctor » pétri de culture humanitaire ? Le site Internet Pressafrique  qui se consacre à une sorte de veille et de vigilance anti-Françafrique, pense que non. «Malgré ses engagements humanitaires, l'homme Kouchner a toujours jusqu'ici marché dans les pas de la Françafrique. Sa carrière en Afrique a débuté comme "french doctor" pour la Croix rouge française lors de la guerre du Biafra. Il servit malgré lui de colporteur de la propagande des services français. Il s'agissait lors de la politique de guerre secrète menée dans la province sécessionniste du Biafra par le duo foccarto-gaulliste de faire croire à l'opinion publique que les Nigérians étaient en train de réaliser un génocide à l'encontre des sécessionnistes biafrais. Bernard Kouchner ira avec d'autres "french doctors" en tant que membres de la Croix rouge au Biafra et relayera au travers d'articles publiés dans les journaux comme Le Monde ou Le Nouvel Observateur la thèse du génocide au Biafra afin de mobiliser l'opinion publique française en faveur de la sécession biafraise. Il ira jusqu'à créer "le comité de lutte contre le génocide au Biafra" où figurera de nombreux intellectuels de gauche. Sans le savoir, Kouchner, se verra faciliter l'accès aux médias grâce à l'action des services secrets et notamment de Jacques Foccart.» Le site (suivi par l’hebdomadaire Jeune Afrique) rappelle que Kouchner a été consultant pour le compte d’Omar Bongo et de Denis Sassou N’Guesso, «deux dictateurs françafricains soutenus et mis en place par Paris». Il leur a monnayé des études sur les réformes de leurs systèmes de sécurité sociale. Bernard Kouchner a également reçu des financements, en tant que consultant ou dirigeant associatif, d’entreprises françaises impliquées en Afrique… souvent pour le pire : Total, le groupe Bolloré (dont le patron est un ami personnel du président français), et Areva (entreprise qui extrait l’uranium du Niger pour assurer l’indépendance énergétique de la France ). L’action «humanitaire» de Bernard Kouchner au Rwanda a également été critiquée par la Commission d’enquête citoyenne (CEC) sur le génocide dans ce pays, mise en place par des ONG françaises. «L’action humanitaire chez Kouchner est devenue au Rwanda le faux nez de l’armée et de dirigeants français», a-t-elle estimé. Roméo Dallaire, colonel canadien dirigeant les Casques bleus au Rwanda décrit Bernard Kouchner, dans son livre J’ai serré la main du diable, comme un allié objectif des génocidaires. Atlantiste sûr du bon droit de l’Occident à régenter le monde, par la cravache ou par les biscuits vitaminés, Kouchner n’aura pas de mal à s’adapter à une politique africaine cynique. Il la légitimera auprès d’un public hexagonal qui a beaucoup d’estime pour lui : il est l’homme politique préféré des Français, selon plusieurs sondages.

Selon toute évidence, il y a de fortes chances que la politique africaine de la France , sous Sarkozy, soit décidée à l’Elysée - comme le veut la tradition de la Cinquième République. Le numéro un français a accentué l’importance diplomatique de la Présidence de la République en créant, sur le modèle américain, un Conseil national de la sécurité à l’Elysée. Ce conseil regroupera une quarantaine de membres qui plancheront sur les questions de défense, de renseignement… et sur les affaires africaines, bien entendu. Le diplomate Jean-David Levitte, ancien ambassadeur à l’ONU puis aux Etats-Unis (qui a tâté le dossier ivoirien dans ses anciennes fonctions) dirigera cette structure. Il aura un adjoint qui sera «dédié» à l’Afrique en la personne de Bruno Joubert - qui sera en quelque sorte le remplaçant du très réactionnaire Michel de Bonnecorse. Bruno Joubert connaît bien les dossiers africains. De 1977 à 2001, il a travaillé sur le sujet au ministère de la Défense et à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), ce qui nous renseigne sur le prisme à travers lequel il voit un continent peuplé de barbouzes qu’il a dû «traiter» aux postes qu’il a occupés. Bruno Joubert est bien connu des milieux diplomatiques en Côte d’Ivoire, où il a accompagné Brigitte Girardin lors des réunions du GTI. Bien entendu, il se situait dans la droite ligne de la logique anti-Gbagbo «dure» qui selon laquelle la crise se règlerait par la mise à l’écart du président élu et la mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire. Il a combattu, dit-on, Nathalie Delapalme, considérée comme «pro-Gbagbo» et trop sensible aux arguments des «nouveaux nationalistes» africains. Bruno Joubert et Jean-David Levitte travailleront en coordination avec le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, dont on se rappelle qu’il a accompagné le candidat Nicolas Sarkozy lors d’une visite d’allégeance à Omar Bongo, au sujet de laquelle les mauvaises langues subodorent d’un air entendu que «beaucoup de choses se sont passées». Bref, si Nicolas Sarkozy professe une «rupture» avec les pratiques franco-africaines du passé, les hommes qu’il a choisis font plutôt penser qu’il y aura une sorte de continuité à l’Elysée. Les seules inconnues étant la marge de manœuvre et les risques que Nicolas Sarkozy entend prendre pour que la France continue de «régner» sur le continent noir, y compris par les moyens de «la guerre secrète» et de la «diplomatie brutale».

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25 mai 2007

La colère de Patrice Nganang

nganangPatrice Nganang est un écrivain camerounais de qualité, que j'ai plaisir à lire depuis La Promesse des fleurs. C'est le préfacier de mon livre La France que je combats. Il a publié les réflexions que lui inspiraient la commémoration des 50 ans de l'indépendance du Ghana dans l'hebdo allemand Der Spiegel et l'a traduit pour ses lecteurs francophones. Il m'a forwardé la version française. J'étais en train de me débattre avec ma connexion Internet quand j'ai vu qu'Alain Mabanckou m'a doublé et a publié Nganang avant moi sur son blog (le méchant). Donc, je vous fais un lien et vous pourrez lire le coup de colère de Patrice - visiteur de ce blog - et lui dire ce que vous en pensez - il lira !

http://congopage.com/article4677.html

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23 mai 2007

Bataille de chiffonniers autour de l’ordinateur à 100 dollars

wiredQui a dit que les enfants du Tiers-Monde ne constituaient pas un marché méritant qu’on se batte pour lui ? En tout cas, Intel ne croit pas celui là. La grosse firme informatique n’a pas hésité à risquer sa respectabilité en copiant une invention que ses « thinkers » avaient raillé dans un premier temps : l’ordinateur à 100 dollars.

Au début de toute cette histoire, il y a Nicholas Negroponte, un informaticien américain d’origine grecque, diplômé du Massachusetts Institute of Technology où il a par la suite travaillé comme chercheur, créateur du magazine Wired - et accessoirement frère de John Negroponte, adjoint de Condoleeza Rice au Département d’Etat américain. Nicholas Negroponte lance, en 2005, l’association One Laptop per Child (Un ordinateur portable par enfant) qui planche sur une « bécane » à 100 dollars US, fonctionnant sur la base de logiciels libres, accessible à un grand nombre d’enfants des pays pauvres qui pourront, à travers leur « ordi », accéder à la connaissance et à l’éducation à distance. L’idée est que les gouvernements du Sud intéressés fassent des commandes à travers leurs ministères de l’Education. Très vite, des pays comme le Nigeria, la Libye, la Chine, le Brésil et le Venezuela manifestent leur intérêt après avoir vu les prototypes fabriqués à un millier d’exemplaires. La production à grande échelle est prévue pour commencer en juillet prochain.

Tout ceci ne serait qu’une « belle histoire d’humanitaire » si Intel n’avait pas fabriqué à la hâte un produit quasiment identique à celui proposé par Negroponte et n’avait pas commencé à « draguer » les gouvernements intéressés par le projet concurrent. Bien évidemment, l’ONG avant-gardiste a protesté. Negroponte a résumé ainsi la situation : « Ce concept a été farouchement critiqué par des gens qui désormais le copient ou font des choses allant dans son sens. Les gens nous ont raillé, nous ont critiqué, puis nous ont copié. » Les communicants d’Intel protestent de leur bonne foi, arguant apporter des solutions à la jeunesse, et minimisant le caractère belliqueux des documents qu’ils distribuent dans les pays en développement pour dénigrer l’offre de Negroponte. « C’est comme ça que notre business fonctionne », a expliqué à CBS Craig Barrett, patron de Intel. Le fond de l’affaire ? Le portable de l’ONG de Negroponte utilise un microprocesseur fabriqué par le principal concurrent d’Intel.

Cette histoire nous aide à établir quelques vérités. Premièrement, les citoyens des pays en développement (y compris les pays aujourd’hui très pauvres) constituent un vrai marché, et l’avenir appartient à ceux qui feront le pari de les prendre au sérieux et de les intégrer à un marché mondial dont ils sont exclus artificiellement. La nouvelle force de la Chine et de l’Inde et le boom des télécommunications en Afrique le prouvent. Intel le comprend avec du retard : les petits Africains marchant nus pieds dans des rues mal goudronnées aujourd’hui seront, demain, des consommateurs de technologies. Il faut désormais s’installer dans leur esprit pour mériter demain leur reconnaissance. Deuxièmement, la « connexion » des citoyens des pays pauvres, aujourd’hui producteurs sans influence ou consommateurs passifs, à une communauté virtuelle mondiale où ils pourront apprendre, acheter, vendre et s’exprimer, fera trembler la terre. Beaucoup d’intermédiaires véreux, de gouvernements liberticides (ou sans vision) et de profiteurs occidentaux redoutent cette évolution et conspireront pour qu’elle n’advienne pas.

PS : Au fait, que pense le gouvernement ivoirien du portable à 100 dollars, lui qui s’investit dans la zone franche des technologies de l’information et rêve de faire de l’informatique le « nouveau cacao » du pays ?

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Un blog que je vous conseille...

NadChers villageois,

Dans la logique du "watching", ma chère et tendre (qui est aussi une blogeuse passionnée... non, non, nous ne nous sommes pas rencontrés sur le web) a créé un blog spécialisé dans l'observation des médias, de la pub et de la com' à Abidjan. Encouragez la...

www.babiwatch.wordpress.com

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22 mai 2007

Démographie au Cameroun : le grand tabou

une_doualaEst-il possible de développer un pays sans connaître précisément la composition de sa population ? Si la réponse à cette question est négative, c’est que le Cameroun de Paul Biya n’a aucune chance d’aller mieux dans les prochaines années, à moins que des mesures urgentes soient prises. Je m’explique.

Cette année, le 20 mai, date de la fête nationale du Cameroun, est tombé un dimanche. Ma communauté religieuse à Abidjan a demandé aux Camerounais de partager leur joie et leurs difficultés en présentant leur pays et ses problèmes - et en faisant, bien entendu, un petit « show » musical valorisant les rythmes locaux (bikutsi, makossa, bend skin, etc)…

Un de mes amis camerounais, ingénieur et chercheur, a été choisi par les Camerounais de l’église pour présenter leur pays dans ses aspects généraux (économie, vie politique, PIB, population, etc…). En cherchant les données pour son exposé, il est allé sur le site officiel de la présidence de la République (http://www.prc.cm/). Et là, il est tombé sur une petite pépite d’absurdité. « Le Cameroun est un pays qui compte plusieurs grandes villes parmi lesquelles Yaoundé, la capitale politique du pays qui compte plus d'un million d'habitants, Douala, la capitale économique compte plus de deux millions d'habitants. Ensuite viennent des villes comme Garoua, Bafoussam, Maroua, Bamenda, ... qui sont d'importants centres urbains», indique, docte, le site du président. Qui continue en disant que la province semi-désertique de l’Extrême-Nord, est la plus peuplée du pays avec 2 553 389 habitants, tandis que la province du Littoral, dont fait partie Douala a…1 861 463 habitants !

Pour ceux qui ne connaissent pas bien le Cameroun, c’est comme si l’on disait qu’Abidjan avait 3 millions d’habitants et la région des Lagunes, dont fait partie Abidjan, 2 millions d’habitants ! Ou que Paris a 5 millions d’habitants et l’île de France 3 millions ! Quand l’ensemble comporte moins d’éléments que le sous-ensemble… Révolution mathématique sous les tropiques.

Simple erreur dont il est un peu exagéré de se gausser ? Pas du tout. Ces chiffres surréalistes ne sont que la face émergée de l’iceberg de fraude et de faux mis en place par un système politique pour survivre. Les statistiques démographiques sont, en effet, la matière première principale des élections. Et toute la zone occidentale du Cameroun, composée des provinces du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui est selon toute évidence de loin la zone la plus dense du pays, est traditionnellement hostile à Paul Biya et à son régime. Il s’agit donc de minorer la population de cette partie du pays (pour diminuer le nombre de députés qui doivent la représenter et distribuer les cartes d’électeur de manière sélective sans que le pourcentage faramineux que constitue les « exclus du vote » ne choque « les Blancs »). Par ailleurs, on surévalue la population de certaines régions reculées et difficiles d’accès pour pouvoir fabriquer bureaux de votes fictifs et électeurs fictifs en l’absence d’yeux indiscrets.

Au Cameroun, la démographie est devenue, depuis le retour au multipartisme, une activité subversive et une préoccupation « d’opposants ». Le dernier recensement général de la population publié date de… 1987. Certes, un recensement a été financé à grands frais et réalisé en 2005. Mais les résultats ont… disparu. Le bureau du recensement, dissocié pour des raisons mystérieuses de l’Institut national des statistiques (INS), a fait disparaître le document gênant.

On a parfois envie de dire à certains dirigeants africains, qui se rebellent par tous les moyens contre un pluralisme politique qu’ils n’ont admis que sous la pression ambiguë des donneurs d’ordres occidentaux, de réinstaller le parti unique au lieu d’infliger à leurs concitoyens ce type de tragicomédie qui n’amuse plus personne. Le plus grave, c’est que le régime de Paul Biya, comme de nombreux pouvoirs néocoloniaux d’inspiration ethnofasciste, est pris au piège de son propre discours et de ses pratiques à courte vue. Dès le retour au multipartisme, prenant acte d’une colère sociale due à sa mauvaise gouvernance, il a inventé une ethnie, les « Anglos-Bamis » (les Anglophones et les Bamilékés) qu’il a stigmatisée avec un discours délirant. Désormais, il se considère comme incapable de reconquérir les populations des zones occidentales les plus peuplées - puisqu’il se refuse de faire de la politique au sens noble du terme. C’est ainsi que naît la peur du peuple, la peur de la démographie, et le fantasme plus ou moins avoué de l’élimination d’une partie du corpus national. Ainsi naissent les tentations d’épuration ethnique…

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21 mai 2007

Zap blog

Chers villageois,

J'ai fait un article sur agoravox qui est en "grande une" et a été repris par Yahoo Actualités. Allez-y SVP pour y augmenter mon trafic et ma respectabilité.

http://www.agoravox.fr/

http://fr.news.yahoo.com/21052007/326/pour-gagner-en-afrique-misez-sur-l-africain.html

Par ailleurs, Calixte Tayoro continue le "making off" de son futur documentaire sur le rôle de la presse (notamment occidentale) dans le conflit ivoirien. Toujours sur le thème des "marabouts blancs". Que pensez-vous des propos de Vincent Hugeux, qu'il a longuement interrogé ?

www.coupercoller.wordpress.com

Un article intéressant du Quotidien de Dakar (repris par le site de l'ONUCI et la  presse abidjanaise) sur la "palabre de la BCEAO".

http://news.abidjan.net/h/249921.html

Posté par kouamouo à 14:38 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Conspirations contre le changement

290sarkozy_1Après plusieurs jours de tractations et de rumeurs, le président de la République française Nicolas Sarkozy a désigné son Premier ministre en la personne de François Fillon, et a rendu publique la composition de son gouvernement. Il est composé de quinze ministres - dont huit hommes et sept femmes -, et de quatre secrétaires d’Etat. Le numéro un français a coopté quatre hommes dont les partis, le PS et l’UDF, se trouvent dans l’opposition, et pas seulement à des postes « symboliques ». Son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est issu du Parti socialiste ; son ministre de la Défense, Hervé Morin, était jusqu’à une date récente, le lieutenant de François Bayrou. Au-delà des commentaires (pertinents) sur les méthodes de débauchage de Nicolas Sarkozy et les techniques de marketing politique utilisées pour frapper les esprits et séduire au maximum avant les très prochaines élections législatives, il nous semble intéressant de regarder le nouvel attelage français au sommet à la lumière des gouvernements de la zone franc.

Pourquoi ? Les thématiques de la réduction des trains de vie de nos Etats, du dépassement des clivages partisans rigides, de la parité homme-femme et du rajeunissement des gouvernements sont très présentes et très populaires en Afrique francophone, et les candidats aux élections présidentielles ne se privent pas de leur faire appel pour plaire à leurs peuples. Le gouvernement dirigé par François Fillon répond à ces critères. Qu’en est-il dans les pays du « pré carré », dont les chefs d’Etat, très souvent françafricains dans l’âme et ultraconservateurs, ont « voté » massivement pour Nicolas Sarkozy lors de la récente présidentielle hexagonale ?

La petite enquête que nous avons menée sur Internet est édifiante. A certains égards, elle est terrifiante. Premier constat, aucun gouvernement de la zone franc n’est aussi resserré que le gouvernement français. Deuxième constat, les situations sont tout de même assez contrastées : on va de l’acceptable au franchement scandaleux. Du côté des amis que Nicolas Sarkozy revendique, le Béninois Yayi Boni a 22 ministres (et assimilés), quand le gouvernement du Malien Amadou Toumani Touré a 29 membres, celui du Congolais Denis Sassou N’Guesso a 36 membres, celui du Gabonais Omar Bongo… 51 membres, dont un bel aéropage de vice-présidents et de ministres d’Etat.

La Guinée-Bissau a 21 ministres, la Centrafrique en a 26, la Côte d’Ivoire du « tandem » Gbagbo-Soro a 32 ministres, le Niger aussi. Le Burkina Faso de Blaise Compaoré a un gouvernement de 34 membres, le Togo de Faure Gnassingbé a 35 ministres. Idriss Déby, soutenu activement par l’armée française contre plusieurs mouvements rebelles coalisés, a un gouvernement de 40 membres (quasiment tous issus de son parti, le MPS) quand Abdoulaye Wade, fraîchement réélu, a un gouvernement de 41 membres. La Guinée Equatoriale nouvellement pétrolière a 59 ministres, et le Cameroun de Paul Biya (réputé pour ne jamais tenir de Conseils de ministres) détient le record avec un gouvernement de 60 membres !biya

Si on veut être plus cruel, on peut calculer le nombre de ministres par habitant. Le Gabon a un ministre pour 50 000 habitants, tandis que la France a un ministre pour 3 millions d’habitants, soit 60 fois moins ! Bien entendu, le pays où Omar Bongo passe ses vacances et distribue de l’argent à toute la classe politique se rattrape dans d’autres ratios comme le nombre de médecins par habitant, ou le rapport entre la superficie globale du territoire et le nombre de kilomètres de routes bitumées…

L’inflation ministérielle dans la zone CFA n’est qu’un symptôme d’un syndrome plus large et plus inquiétant : le syndrome de la mangeoire. Le gouvernement n’est pas conçu comme une équipe chargée de relever des défis ou de se mettre un service du peuple ou d’un projet. C’est l’endroit où viennent s’alimenter des entrepreneurs politiques locaux et d’où ils partent pour aller corrompre, intimider et redistribuer (de manière très inégalitaire) dans leurs fiefs respectifs. Le gouvernement, dans la majorité des cas, est un ensemble de personnes influentes réunies, non pas pour appliquer un programme politique qui leur est cher, mais pour conjurer une angoisse commune : la peur du peuple, la phobie du changement.

Dans notre bout d’Afrique, la vraie ligne de fracture ne se situerait-elle pas entre ceux qui se satisfont d’un système « censitaire » où seule une minorité peut se soigner, consommer, voyager et récolter les fruits de la richesse commune, et ceux qui refusent (parce qu’elle les tue !) la conspiration d’une élite irresponsable et gloutonne, prétendument divisée mais déterminée à maintenir son hégémonie ?

Même dans les pays où une alternance s’est réalisée, le « système », qui se nourrit d’une impunité généralisée, a survécu. En Côte d’Ivoire et au Sénégal, les poursuites annoncées en 2000 contre les « voleurs de la République » ont été rangées au placard ; les lois sur la moralisation de la vie publique annoncées à grand renfort de publicité ont été bloquées. Les nouveaux dirigeants, en absolvant ceux qu’ils avaient remplacé, s’offraient à eux-mêmes une marge de manœuvre en matière d’accumulation de biens - arme fatale pour espérer gouverner « tranquillement » dans un système où le clientélisme continue de régner. Au Bénin, Yayi Boni a mis certains «intouchables» du passé en prison sans franchement ouvrir de vraies procédures judiciaires. Pourquoi ? Le « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette » !

Dans notre bout d’Afrique, l’espoir n’adviendra que lorsque la « démocratie » ne sera pas un arrangement entre barons régionaux de divers rangs et hauts fonctionnaires survivant à tous les régimes ; mais une relation contractuelle entre les élus - portés par des organisations politiques mais se sentant libres devant les lobbies véreux - et les citoyens - pris individuellement dans leurs aspirations, au-delà des solidarités communautaires qui sont, de nos jours, des vrais « pièges à cons » tendus par le parti des possédants.

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18 mai 2007

L’audace de la Sotra

154T1016C’est une grande première dans le monde des affaires en Côte d’Ivoire. La SOTRA, entreprise parapublique de transport urbain, a lancé un emprunt obligataire par appel public à l’épargne. Objectif ? Recueillir 12 milliards de francs sur le marché financier de l’UEMOA afin de financer les investissements inscrits dans le projet d’entreprise de Philippe Attey, directeur général. «L'emprunt SOTRA 6,80% 2007-2012 mettra sur le marché financier et boursier 1,2 million de titres, au prix de vente de 10.000 FCFA l'obligation, avec un taux d'intérêt avantageux de 6,80% brut l'an», a expliqué Philippe Attey, précisant que l’emprunt est garanti à 100% par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et par la Banque internationale de développement de la CEDEAO (BIDC). Il invite «chacun des Ivoiriens, des Abidjanais et même les Ivoiriens de la diaspora, ainsi que les étrangers à soutenir la SOTRA en souscrivant à cet emprunt».Il faut saluer l’initiative de la SOTRA. Parce qu’elle est un bon exemple de ces solutions endogènes alternatives, qui peuvent permettre aux Africains de reprendre en main le développement du continent et de mettre à exécution leurs projets sans attendre les fameux «bailleurs de fonds» qui ne financent que ce qui les arrange.

On a trop longtemps méprisé l’inventivité de l’élite africaine. Philippe Attey, cadre supérieur ivoirien, a montré, durant ces atteyannées de crise, qu’il était possible de donner un souffle nouveau à une entreprise de transports urbains, même sinistrée. Il a bâti un projet crédible, a diversifié les partenaires - rompant le huis clos avec Renault, il a fait de bonnes opérations avec l’indien Tata et a convaincu les Iraniens de lui prêter de quoi acheter des bus fabriqués chez eux. Il a lancé des projets novateurs comme le montage de bateaux-bus sur place.

On a trop longtemps ignoré la capacité d’épargne des citoyens africains ordinaires - pourtant, ce sont les plus démunis qui épargnent le plus, surtout dans la gent féminine. Demain, quand l’on aura brisé les barrières à la création de comptes en banque pour le plus grand nombre, l’on se rendra compte que les efforts conjugués de nos cacaoculteurs, de nos artisans, de nos revendeuses, de nos « servantes » (oui, tout à fait), construiront des ponts, des routes, des usines.

Notre marché financier a perdu trop de temps dans une économie censitaire réservant les services de la modernité à une minorité. Le business de la téléphonie mobile nous a montré la force économique de « Monsieur tout le monde ». Le boom des nouvelles banques africaines (comme Afriland First Bank du Camerounais Paul Fokam, qui a tiré sa puissance de son réseaux de caisses d’épargne rurales) ainsi que des actions audacieuses comme celle de la SOTRA, pourraient nous faire découvrir la puissance financière de l’Africain du commun, mais aussi de la diaspora.

Qui a dit que nous avions besoin de l’aide internationale ?

En savoir plus sur : http://www.rezoivoire.net/news/depeche/1370/la-sotra-lance-un-emprunt-obligataire-de-12-milliards-de-fcfa.html

www.sotra-ci.com

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