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Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, d'une Afrique des Africains plus solide face à la violence des impérialismes ? Vous militez pour un continent démocratique et indépendant ? Moi aussi. Marchons d'un même pas.

17 mai 2007

Zap blog

Chers villageois...

Calixte Tayoro, l'Ivoirien vivant en Norvège qui prépare un documentaire sur les médias et la crise ivoirienne, est retourné en Europe après un bref séjour à Abidjan. Il a publié sur son blog le point de ses impressions après une série d'entretiens avec plusieurs acteurs politiques et médiatiques. Il nous livre aussi, dans la veine du making off, des extraits de son entretien avec Vincent Hugeux, de L'Express. Comme la dernière fois, lisez et donnez vos impressions chez moi ou chez lui.

www.coupercoller.wordpress.com

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16 mai 2007

Zap blog

Je vous présente le blog d'un des éditorialistes du Courrier d'Abidjan, Edgar Yapo. Consultez le :

www.leblogdedgaryapo.blogspot.com/

La blogosphère africaine anglophone, c'est pas péti boucan. Regardez ce blog qui en répertorie plusieurs autres liés (tous en anglais) liés au continent, surtout côté business.

www.beninmwangi.com

ThéO.

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15 mai 2007

Chirac : l’adieu à l’Elysée

chirac_s_en_vaFinalement, il s’est est allé. Jacques Chirac, cinquième président de la Vè République française, quitte l’Elysée. Une page se tourne.

Des années durant, j’ai rêvé de ce jour où ce président français symbolisant jusqu’à la caricature la Françafrique la plus rancie quitterait le pouvoir. Ayant vécu – et combattu par la plume – en Côte d’Ivoire pendant toutes ces années où le locataire de l’Elysée tenait à chasser l’impudent du Palais du Plateau d’Abidjan, par l’intermédiaire d’une rébellion instrumentalisée ou directement, à travers la force Licorne, j’ai plusieurs fois rêvé de ce jour où il s’en irait.

Je me disais que la double image d’un Jacques Chirac voyant les grilles de l’Elysée se refermer derrière lui, et d’un Laurent Gbagbo toujours «en place» à Abidjan, réveillerait des consciences africaines désormais instruites d’une réalité : le «fétiche» du pouvoir dans nos pays respectifs ne se trouve plus à Paris, nous pouvons résister au néocolonialisme et le mettre en crise.

J’espère toujours que cette image confortera les «fous» qui osent rêver d’une Afrique souveraine, décidant au nom de ses propres considérations de ce qui est bon pour elle. Mais je ne ressens pas l’exaltation que je prévoyais quand, en novembre 2004, au cœur de la terreur suscitée par une armée française se comportant en force d’occupation à Abidjan, j’imaginais le «jour glorieux» où le chef de l’Etat français s’en irait sans avoir réussi à faire la peau au président ivoirien.

Il suffit juste d’observer les réflexes d’une bonne partie de la classe politique ivoirienne – déjà à genoux aux pieds de Nicolas Sarkozy, l’appelant au secours – pour se dire que la «révolution du regard» que j’espérais ne sera pas automatique.

En prenant un peu de hauteur, en voyant aujourd’hui Guillaume Soro et Laurent Gbagbo faire la paix des braves et s’épauler face aux coups de boutoir du RHDP – énième jeu d’alliances de l’après-Houphouët –, on considère également la vanité de nos combats du passé et des postures que nous avons pu adopter. Jacques Chirac s’en va… Il a fait du mal à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique, les historiens le démontreront. And so what ?

Notre meilleure revanche, en tant que société, sur ceux qui nous ont avili, serait de tirer les leçons du passé et d’accoucher d’une nouvelle ère, et non de perpétuer des haines et des clivages qui finalement subsisteront quand nous aurons oublié quand et comment ils se sont forgés.

Que ferons-nous de la victoire symbolique que nous avons remportée ? Y aura-t-il des veilleurs de l’aube désintéressés qui travailleront à l’affranchissement économique et culturel du paysan, du jeune citadin harcelé par la pauvreté dans les bidonvilles, de la femme… de l’individu, du citoyen ?

Le matin de la liberté est déjà là. Irons-nous remettre la clé des soleils des nouvelles indépendances à une nouvelle oligarchie ou nous transformerons-nous, par la force de notre pensée, en écrivains d’une renaissance qui bousculera les rentiers de toutes obédiences ?

Au fond, Jacques Chirac n’est pas important. Ce qui est capital, c’est de créer, au-dessus des tombes de ceux qui sont morts pour qu’il n’ait pas raison de nos institutions, une société libre et de liberté, selon le bon mot du président Gbagbo – qui devra s’en souvenir. Jacques Chirac est parti. Laurent Gbagbo est là. Il n’a plus de bourreau, et il n’a plus d’excuses. Nous n’avons plus de bourreau, nous n’avons plus d’excuses. Une brise souffle sur nos certitudes.

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Zap blog

Lévy, un de nos villageois est à la tête d'une "initiative de pensée populaire", bref d'un colloque sur le franc CFA qui se déroulera au mois de juillet. Il nous en parle dans le blog de la cellule managériale d'études et de réflexion (CMER). Allez y et parlez en à vos proches : www.cemerci.afrikblog.com.

Etre libre, n'est-ce pas pouvoir partager une pensée libérée qui elle-même transformera nos destinées ?

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La technologie a-t-elle vaincu la censure ?

C’est la polémique qui agite le microcosme politico-médiatique français en ce moment. Un article révélant que Cécilia, l’épouse de Nicolas Sarkozy, n’est pas allée voter le 6 mai dernier à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle, qui devait être publié par Le Journal du dimanche, a été censuré. Quand on sait que cet hebdomadaire appartient au groupe Lagardère, dont le cœur de métier est la vente d’armes, et que le patron du groupe himself, Arnaud Lagardère, qui considère Sarkozy comme son «frère», est intervenu pour interdire la parution d’un article mettant en lumière les fortes tensions au cœur du nouveau couple présidentiel, on comprend l’émotion qui s’est emparée du Tout-Paris. D’autant plus que de nombreux observateurs se souviennent que l’ancien directeur de Paris-Match, qui appartient aussi à Lagardère, avait été viré sans ménagement après avoir passé, à la Une, une image de Cécilia Sarkozy apparaissant publiquement au bras de son amant du moment…

Posons quelques questions subversives.

La liberté de la presse n’est-elle finalement pas plus grande dans des pays africains comme la Côte d’Ivoire, le Bénin ou le Cameroun, où il faut juste avoir quelques milliers d’euros et satisfaire à des procédures juridiques facilitées pour créer un journal, que dans la France d’aujourd’hui ? En effet, le phénomène de concentration des médias dans les mains de grands patrons vivant des marchés avec l’Etat ou bénéficiant de la protection du politique a atteint son apogée chez nos ancêtres les Gaulois. Le nouveau président étant à la fois l’ami de Martin Bouygues (TF1), de Vincent Bolloré (nouveau prince des médias gratuits et de la télévision numérique terrestre), de Serge Dassault (Le Figaro) et d’Arnaud Lagardère (Paris-Match, Elle, Le Journal du dimanche, Europe 1), les choses deviennent de plus en plus voyantes… La France médiatique se retrouve plus ou moins dans la situation d’avant la Deuxième guerre mondiale, où de gros cartels industriels noyautaient des grands journaux discrédités…

L’OPA des forces de l’argent sur la presse hexagonale est-elle finalement – et paradoxalement – contre-productive pour elles ? En effet, si le ticket d’entrée dans l’univers des médias classiques devient de plus en plus cher, la bouffée d’oxygène de l’Internet vient relativiser bien des baronnies. Ainsi, l’information censurée par Le Journal du dimanche s’est retrouvée sur un site d’information créé par des anciens journalistes de Libération (ex-quotidien de gauche racheté par le milliardaire Edouard de Rothschild) et, par contagion, sur tous les fils des agences de presse, dans tous les journaux télévisés et… à la Une de journaux bien plus influents que l’hebdo dominical. Certes, il faut de l’or pour jouir du droit de parler. Mais à l’ère électronique, les réseaux bien organisés peuvent déranger les capitaines d’industrie au portefeuille bien garni. L’Afrique digne doit profiter de ce phénomène mondial pour faire avancer sa cause et gagner des âmes à ses idées !

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14 mai 2007

Renouveler la pensée

venance_livreIl peut arriver quelque chose d’assez fou à un intellectuel : croyant s’opposer à des adversaires idéologiques, il finit par se battre contre son époque. C’est à ce moment précis qu’il devient ce qu’on appelle un «réac». Nourrissant la nostalgie d’une période qui ne reviendra pas, il s’avère, au final, inutile à son camp, à son pays, et à l’intelligence collective. Ses opinions ne sont plus que les marmonnements dérisoires d’un «has been».

Ce danger nous guette tous, si nous succombons à une facilité : celle qui consiste à refuser de porter un regard acéré et «culturel» sur notre société quand elle change et à refuser, dans la même veine, de renouveler notre pensée.

Venance Konan, journaliste et écrivain, que l’on peut considérer comme un idéologue du RHDP tout en lui reconnaissant la singularité de sa prise de parole, semble atteint de ce mal qui transforme un accoucheur d’idées en simple radoteur.

Je m’explique. Samedi, j’achète Le Nouveau Réveil essentiellement pour lire un article de mon ancien collègue de Fraternité-Matin. La Une du journal nous assure que Venance Konan «explose». Feu d’artifice ou volcan ?

L’auteur aborde, dans son article qui participe d’un «débat républicain», une question qui me tient à cœur : notre rapport au savoir et à l’apprentissage, à l’ascèse et à la médiocrité. Il formule une interrogation essentielle, légitime, à laquelle les intelligences ivoiriennes, surtout dans la sphère politique, doivent répondre de la manière la plus détaillée : «Quelle Côte d’Ivoire croyons-nous être en train de bâtir lorsque les jeunes ne vont plus à l’école, lorsque l’université est prise en otage par la FESCI, lorsque les diplômes et entrées dans les grandes écoles sont vendus aux plus offrants, lorsque les jeunes n’ont pas d’autres échappatoires que l’alcool et les sectes ? Quels cadres aurons-nous demain ? Quelle administration, quelle police, quelle gendarmerie, quelle douane, quel service des impôts, de la santé, quelle justice, quels enseignants nous attendons-nous à avoir ?». Les inquiétudes de Venance Konan sont justifiées. Il suffit de regarder autour de soi pour se rendre compte que la transition globale qui agite la Côte d’Ivoire depuis plus de quinze ans a brouillé les repères, «mélangé» les valeurs, contrarié l’innovation et l’intelligence. Visiblement, la guerre – forme finale de cette crise de transition – est finie. Et nous sommes là, groggy, regardant un paysage après la bataille assez décourageant. Que faire désormais ? Comment rebondir ? Telles sont les questions d’aujourd’hui.

Persister dans l’invective manichéenne est monstrueusement anachronique. La guerre, grande lessiveuse, a défloré toutes les virginités. La diabolisation, arme favorite de tous les bords politiques et moteur des antagonismes, n’est plus crédible. Près de cinq ans de guerre ont révélé nos laideurs individuelles et collectives, après avoir râpé la poudre de nos grandeurs de façade. Il n’est plus temps d’accuser les autres en faisant feu de tout bois. Il est temps, pour tout le monde – y compris pour un camp patriotique qui doit se renouveler, et non se livrer à de vaines surenchères dans un «extrémisme» de positionnement, d’accoucher d’une pensée de deuxième génération.

Dans son article de samedi, Venance Konan persiste dans la névrose des «prisonniers de la haine» que nous sommes tous au fond – seul le désir de se soigner nous distingue. Il dilue sa saine interrogation sur le système éducatif ivoirien malade pour tomber dans le pamphlet caricatural, donc insignifiant, contre «les refondateurs [qui] ont assassiné l’intelligence».

Dans le monde selon Venance Konan, les «refondateurs» sont responsables de la prolifération des maquis, du développement des églises évangéliques, de l’expansionnisme chinois et j’en passe.

C’est une vision du monde qui ne peut pas supporter de prendre l’avion. Si le lecteur de Venance Konan est ouvert sur l’Afrique et le monde, il se rend compte que les églises évangéliques se développent partout, comme elles se développent dans la bienheureuse Corée du Sud, dans le malheureux Nigeria, dans le Brésil émergent, dans la prospère Amérique, au Bénin, au Togo, etc. Le fait que Gbagbo et son épouse sont pentecôtistes prouve juste qu’ils sont fils de leur époque… Quant aux Chinois, leur ruée sur l’Afrique est globale : Soudan, Gabon, Cameroun, Liberia, Afrique du Sud, Angola… Ils sont partout, au nom de réalités géopolitiques qui dépassent la petite Côte d’Ivoire. Il ne suffit pas d’inverser la logique supposée du patriote de base pour faire avancer le débat…

Dans le monde selon Venance Konan, il y a eu, dans l’Histoire de la Côte d’Ivoire, un «ordre juste» que des gauchistes maudits ont détruit et qu’il est question de réinstaller. S’il élargissait son spectre, il verrait bien que les problèmes qui ont secoué la Côte d’Ivoire (crise de la nationalité et de l’état-civil, explosion démographique et chômage de masse, successions au sommet problématiques et violentes, subversion des institutions) ont également secoué, secouent ou secoueront d’autres pays africains. Et si notre continent souffrait de sa difficulté sinon à anticiper, du moins à reconnaître des donnes nouvelles et à s’y adapter ?

Si la ligue politique à laquelle adhère Venance Konan a perdu le pouvoir sans coup férir et peine à séduire aujourd’hui, c’est parce qu’elle pense qu’utiliser à fond le filon de la nostalgie et de la diabolisation suffit.

Certains «jeunes fous» de gauche en sont déjà à penser à «refonder la refondation». Pendant ce temps, Venance Konan et ses amis critiquent, tancent, diabolisent de manière hémiplégique… et ne proposent rien ! Comment guérir cette Université si malade ? Que pensent-ils de la zone franche des nouvelles technologies de Grand-Bassam, du service civique ? Comment vaincre cette phénoménale crise de l’emploi qui est à l’origine de bien des problèmes ?

Il serait sage de détruire ensemble les vieux clivages pour penser plus sereinement à l’avenir.

Lire l'article de Venance Konan :

http://news.abidjan.net/h/249287.html

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13 mai 2007

Autour de notre débat sur les "thinkers" et watchers"...

... Cet article intéressant lu sur afrology.com

http://www.afrology.com/edito/avril_2007.html

Qu'en pensez-vous ?

Posté par kouamouo à 17:36 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2007

Watchers ?

Denis_Sassou_Nguesso_2Que penser de ce blog congolais mal élevé, qui se donne pour mission de traquer les acquisitions immobilières des anciens et nouveaux maîtres d'un pays dont les ressources pétrolières sont joyeusement siphonnées par une élite irresponsable ? Dans son style un peu "trash", préfigure-t-il la tendance souhaitable des "watchers" sur le net ?

http://congo-biensmalacquis.over-blog.com/

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«Thinkers» et «watchers»

Jeudi dernier, j’ai participé, en tant que rapporteur, à un Forum organisé par la Fondation nationale des sciences politiques de Côte d’Ivoire, en partenariat avec la Délégation de la Commission européenne, sur le thème du partenariat Europe-Afrique.

Un bel événement bien organisé, incontestablement de niveau international, au cours duquel ont été enregistrées des interventions de haut niveau – dont celles de l’ancien Premier ministre sénégalais Moustapha Niasse, de l’ancien ministre de la Coopération français, Charles Josselin, mais également d’institutionnels, de chercheurs et spécialistes de terrain dont les avis enrichissent forcément les réflexions des uns et des autres.

Un constat est souvent revenu pendant les discussions : celui de la faiblesse de proposition et de négociation des acteurs ivoiriens face à des partenaires internationaux. Résultat de l’affaiblissement extraordinaire de l’Etat depuis au moins 15 ans (accéléré par le «power sharing désastreux» d’après-Marcoussis, selon l’expression du professeur Yacouba Konaté), les interlocuteurs ministériels de l’Union européenne ne sont pas toujours aptes à définir les priorités stratégiques de leurs départements. Du coup, les Européens décident à la place d’Ivoiriens trop occupés à se disputer des lambeaux de République, et prennent une trop forte importance dans la gouvernance nationale, imposant facilement leur agenda. Il y a, de toute évidence, dans notre société, un problème de «thinkers», de personnes pouvant imaginer des modèles et des stratégies publiques.

Des membres de la société civile, ahuris, ont appris que la Côte d’Ivoire se caractérisait par une très faible utilisation des crédits internationaux, faute de projets bien montés. Qui s’intéresse, dans le fond, aux dédales de la coopération internationale, à la fois dans ses aspects positifs et pervers ? Les fameux acteurs «non étatiques» dont parlent les experts internationaux sont-ils outillés pour exercer leur vigilance citoyenne ? Les députés ont-ils à leurs côtés les ressources humaines nécessaires – en termes d’attachés parlementaires par exemple – pour surveiller l’exécutif et les bailleurs de fonds, et leur remonter les doléances ou récriminations de leurs administrés ? Nous avons , dans tous les domaines (système judiciaire, consommation, emploi, communautés décentralisées, etc…) un besoin urgent de «watchers», d’observateurs spécialisés et pertinents, enlevant aux décideurs l’impunité que l’ignorance générale leur procure.

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09 mai 2007

Audiovisuel ivoirien : à quand la libéralisation ?

On ne le dira jamais assez : la guerre a fait perdre du temps à la Côte d’Ivoire. Elle a ralenti une économie prometteuse, mis en veilleuse les réformes sociales de la Refondation qui, dans leur fond, étaient bonnes – malgré les déceptions qu’ont pu susciter ceux qui avaient le devoir de les mettre en œuvre. Elle a abaissé le niveau d’une école publique qui avait déjà souffert, pendant plus d’une décennie, des luttes pour la démocratisation du pays.

Surtout, la guerre s’est dressée en ennemie de l’innovation. Alors que la Côte d’Ivoire était pionnière dans de nombreux secteurs, elle est aujourd’hui en perte de vitesse. C’est du gâchis : un tel pays cosmopolite, leader, ayant en son sein des individualités dynamiques et créatives ne mérite pas cela. Quelque part, c’est toute l’Afrique francophone qui y perd.

Prenons l’exemple de l’audiovisuel. La tragédie du crash de Kenya Airways nous a montré les bienfaits de la libéralisation de ce secteur au Cameroun. Les chaînes de télévision privées nationales, comme STV, Canal 2 et Equinoxe (disponibles sur satellite) ont été à la hauteur de l’événement, diffusant quasiment en direct les images de l’épave quand elle a été retrouvée. Pendant ce temps, la CRTV, lourde télévision étatique, diffusait des documentaires sur la santé et des émissions culinaires…

Si le crash de la Kenya Airways s’était produit en Côte d’Ivoire (personne ne souhaite une telle éventualité), il y aurait eu de fortes chances que les premières images soient celles de TF1 ou de France 2, que la RTI aurait, toute honte bue, récupérées et diffusées. Durant la crise ivoirienne par exemple, des images historiques ont été filmées uniquement par des chaînes étrangères. Les meilleurs plans des manifestations monstres contre la recolonisation du pays, après les accords de Linas-Marcoussis, ont été filmés par des chaînes de télévision… françaises ! L’Afrique doit pouvoir produire ses propres images. Pour cela, il faut qu’elle libère les énergies et l’initiative. Il faut qu’elle fasse la promotion du pluralisme et de la saine compétition dans tous les secteurs. Il faut que le citoyen retrouve sa marge de manœuvre pour devenir producteur d’idées, producteur d’images, producteur de biens… fabricant de sa propre Histoire !

Lisons cet article du quotidien camerounais Mutations :

http://www.quotidienmutations.info/mutations/mai/1178618377.php

Posté par kouamouo à 23:51 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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