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Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, d'une Afrique des Africains plus solide face à la violence des impérialismes ? Vous militez pour un continent démocratique et indépendant ? Moi aussi. Marchons d'un même pas.

17 juillet 2007

L’ancien ambassadeur de Suisse en CI critique la France

sabli_reÇa y est ! La résolution 1765 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui endosse avec modestie l’accord de Ouagadougou, est votée. Comme nous l’avons souligné dans notre édition d’hier, le contexte dans lequel ce nouveau texte sur la crise ivoirienne a été adopté est radicalement différent de l’ambiance qui avait cours dans le passé. Ce changement s’explique en grande partie par la lassitude des pays occidentaux face au «multilatéralisme opportuniste» de la France officielle durant la crise ivoirienne. La diplomatie chiraquienne a en effet toujours voulu embarquer les Etats-Unis et ses partenaires européens dans sa guerre obsessionnelle contre le président ivoirien Laurent Gbagbo. Au fil des années, les pays occidentaux ont fini par comprendre que Paris réglait ses comptes personnels en instrumentalisant la communauté internationale – dans un conflit sans grand enjeu stratégique pour eux.

Quelques indices témoignent de cette évolution. Ainsi des opinions affichées (à titre personnel) par Johannes Kunz, ambassadeur de Suisse en Côte d’Ivoire de 2001 à 2005, et qui a vécu toutes les péripéties du conflit ivoirien au cœur du gotha diplomatique d’Abidjan. S’exprimant à travers des tribunes et des interviews dans la presse de son pays après les accords de Ouagadougou, Johannes Kunz ne s’est pas privé de critiquer l’ambiguïté des initiatives onusiennes – chapeautées par la France – en Côte d’Ivoire. Il écrit par exemple : «L’ONU semble mal inspirée dans ses interventions sur le continent noir. Certains pensent qu’elle est un obstacle à la paix. Ainsi les deux principaux protagonistes de la grave crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, le président Laurent Gbagbo et le chef rebelle Guillaume Soro, assistés par Blaise Compaoré, chef de l’Etat burkinabé et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont signé, le 4 mars 2007 à Ouagadougou, un accord sur la résolution du conflit en excluant du règlement l’organisation qui, pendant quatre années, y a engagé de gros moyens politiques et militaires. (…) Tout comme le chaos somalien et la désolation du Darfour, l’espoir de paix en Côte d’Ivoire est fondé sur le refus de normes et interventions internationales qui ne manquent souvent pas d’ambiguïté. Ainsi l’opération de l’ONU en Côte d’Ivoire était dominée par l’ancienne puissance coloniale. Le contingent français des troupes de paix internationales ne répondait pas aux ordres de New York mais de Paris, où chaque résolution du Conseil de sécurité était rédigée, souvent dans le but de protéger les vieilles élites et de marginaliser les forces du changement. Si la paix en Côte d’Ivoire, qu’on doit souhaiter imminente, porte, de par le court-circuitage du système onusien, les stigmates du «politiquement incorrect», l’organisation elle-même pourrait bien ne pas sortir indemne de l’aventure ivoirienne. Même s’il est évident que le soutien de l’ONU reste indispensable pour le retour à la normale en Côte d’Ivoire, l’organisation mondiale peut paraître en Afrique tout aussi inefficace dans le règlement pacifique de différends qu’elle l’est dans la prévention de conflits. Pour les Africains, par contre, l’épisode ivoirien peut marquer la naissance d’une confiance renforcée en leurs propres capacités de négociation et de règlements de conflits. La communauté internationale entière y gagnerait.»

Clairement, Johannes Kunz affirme que c’est la partialité de Paris et son engagement implicite derrière Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara qui a discrédité l’ONU en Côte d’Ivoire. L’on comprend mieux pourquoi, dès le départ de Jacques Chirac de l’Elysée, Paris semble avoir abandonné le versant diplomatique de son opération de restauration des «houphouétistes» en Côte d’Ivoire. Le scepticisme des ses alliés l’y obligeait.

Posté par kouamouo à 23:23 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

PING PONG

Je viens juste de lire ton commentaire. Merci bcp pour l'info. Notre jeu de ping pong commence vraiment à porter ses fruits. Et l'ancêtre hexagonale commence à recevoir la monnaie diplomatique de sa pièce en cinq actes (ans).

Juste une petite demande de précision: quelle est référence de l'article d'où est tirée la déclaration de Johannes Kunz?

Comme ça je pourrais y faire référence dans mon article sur qui tu sais :-)

Posté par coupercoller, 17 juillet 2007 à 23:38

La Vérité finit toujours par éclater...

Je salue le courage et la passion de la vérité de cet ancien ambassadeur de Suisse en Côte d'Ivoire.Comme le dit le président Gbagbo,le temps est l'autre nom de DIEU.Après le camouflet subi par la France lors de l'adoption de la résolution 1721 où les autres membres du conseil de sécurité ayant le droit de véto se sont désolidarisés d'elle dans son intention funeste de suspendre la constitution d'un pays souverain,cet article du diplomate suisse très au fait de la crise ivoirienne débouchera,j'en suis convaincu,sur un radical changement de posture de l'ex-puissance coloniale.La probable rencontre Gbagbo/Sarkozy pourrait en être l'élément déclencheur.
Nous devons cependant restés vigilants,car,les colons,à l'instar du chien,changent difficilement leur façon de s'asseoir.

Posté par oscar, 18 juillet 2007 à 10:03

Il n'est jamais trop tard pour bien faire

"Il n'est jamais trop tard pour bien faire", a-t-on coutume de dire.Mais il arrive souvent qu'on fasse bien après avoir causé bien de dommage!C'est triste, mais c'est ce qu'on constate souvent dans notre monde.
C'est heureux qu'enfin des voix condamnent l'attitude de la France dans sa guerre qui l'oppose à la CI.Mais ce serait encore plus intéressant en 2002.Les gens laisse toujours faire et après on dénonce.Dans tous les cas, nous on savait déjà qu'on était en guerre contre la France qui a fini par capituler.
Merci Théo
LassTiot

Posté par Lass Tiot, 19 juillet 2007 à 21:19

RETOUR SUR LA "DOUBLE IMPASSE"

Le débat que tu as ouvert il y a quelques jours me paraît si essentielle que j'ai jugé bon d'y revenir à l'occasion de la publication du dernier rapport de la CNUCED. J'attends ta réaction et celles des autres Thé0nautes ici:

http://coupercoller.wordpress.com/2007/07/19/puisque-cest-forbes-qui-le-dit

Posté par coupercoller, 19 juillet 2007 à 23:04

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