L'historien Laurent Gbagbo a discouru sur les évolutions de l'Afrique lors d'une colloque à Yamoussoukro, dans le cadre du MASA 2007. Ci-dessous, l'article d'Armand-Brice Tchikamen, du Courrier d'Abidjan.

Laurent_Gbagbo_1_6Le président de la République qui a présidé hier à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro la cérémonie d’ouverture de la table ronde internationale du Masa 2007, a gratifié son auditoire comme à l’accoutumée, d’un discours - pas toujours préparé - au-delà des attentes des invités et des organisateurs. Invité à se prononcer sur le thème : «Démocratie et culture démocratique : sortie de crise et paix en Afrique», c’est un véritable cours d’histoire qui a été dispensé aux invités par le président Laurent Gbagbo. Imperturbable devant ses pairs enseignants venus d’Afrique, d’Europe et du Canada, le premier citoyen ivoirien a fait l’historique de la démocratie en Afrique depuis 1945 jusqu’a nos jours.

Dans ses propos, il a mentionné que l’évolution et les changements démocratiques qui se sont opérés en Afrique et dans le monde depuis la nuit des temps se sont toujours accompagnés de terribles violences. «Les idées nouvelles, les gens les combattent toujours par les armes», a-t-il dit pour justifier par la même occasion la crise que vit la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002.

En tant qu’historien averti, le chef de l’Etat a déclaré ne pas être surpris par la situation de crise en Côte d’Ivoire, et s’est dit «serein parce qu’on a déjà étudié ça». Cette situation propre à tous les peuples sur le chemin de la démocratie véritable et du développement industriel est pour le chef de l’Etat passagère. Elle est d’autant plus passagère qu’avec les accords de Ouagadougou signés en mars dernier entre les fils de la Côte d’Ivoire, le pays semble résolument engagé sur le chemin de la paix. C’est fort de cela qu’il a annoncé que «nous marchons vers la fin de la crise». Pour étayer ses idées, le chef de l’Etat a affirmé que «les crises que nous connaissons en Afrique sont des crises naturelles, des crises de la construction industrielle et démocratique, des crises de changement, qui aux yeux de tous ceux qui maîtrisent les règles de la science de l’histoire - l’histoire étant la première des sciences - ne sont plus un mystère». Avant de poursuivre : «Sans cynisme, l’Afrique n’a pas plus de crise que certains continents qui ont connu presque des siècles de crises avant d’avoir la situation stable dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui». Comme solution, Laurent Gbagbo préconise le travail dans la fraternité - comme c’est le cas avec les accords de Ouagadougou - pour une sortie de crise durable. Il a enfin demandé aux uns et aux autres de se débarrasser de l’afro pessimisme qui anime nombre d’Africains face à la situation désastreuse sur le continent et avant de solliciter l’apport de tous dans l’écriture de l’histoire vraie de l’Afrique.

Un lien vers l'article de Michèle Pépé, de Frat-Mat.

http://www.fratmat.info/1,,,1_fgfd10,,1.php?,__=eb,,0-0&el=7PL100&bv=3GADATO6GF