20 août 2007
La nouvelle idéologie négrière
Ancien monsieur Afrique du Parti socialiste français et vieux militant connaissant à la fois la faune politique française, les têtes couronnées et les fortes têtes d’Afrique francophone, Guy Labertit est désormais en retrait de l’appareil institutionnel du principal parti d’opposition hexagonal. En profite-t-il pour se donner une plus grande marge de liberté de parole ? En tout cas, il a publié dans Le Monde daté du samedi 18 août 2007, un article d’opinion intitulé «A qui profite l’uranium du Niger ?». Pour les lecteurs du «vénérable quotidien du soir», il revient sur le conflit d’intérêts entre l’Etat du Niger et la firme française publique Areva, accusée de soutenir la rébellion qui sévit dans le Nord du pays. Il met surtout en lumière les accords inégaux qui permettent à Areva d’acheter la matière première principale de l’industrie nucléaire hier au quart du cours mondial, aujourd’hui au tiers. « Selon les critères de l'indice de développement humain, retenus par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Niger occupe la dernière position dans le classement de l'ensemble des pays du monde. Cette place est largement due au très fort taux d'analphabétisme (89 %), plus sensible encore chez les femmes. Pourtant, l'uranium du Niger est enlevé par les groupes miniers, dont le français Areva en premier lieu, au tiers du cours mondial, et l'énergie nucléaire est la parade choisie par les puissances industrielles pour limiter le réchauffement de la planète et préserver l'équilibre des écosystèmes. Sauvegarder la planète en maintenant dans la misère la majorité de la population qui vit dans ses espaces recélant l'indispensable source d'énergie ? Cette extravagante conduite politique du monde alimente à peine la mauvaise conscience des instances internationales. A l'ONU et dans d'autres enceintes, il est de bon ton de ressasser, non sans condescendance, l'impérieuse nécessité d'accroître l'aide publique au développement quand la théorie du pillage des matières premières n'est pas aussi morte qu'on le croit - à l'image de ce qui se passe au Niger», écrit-il. Comment arrive-t-on à ne pas se scandaliser qu’un des pays les plus riches du monde extorque son uranium au pays le plus pauvre du monde à un prix dérisoire ? Bruno D., lecteur du Monde estime que dès lors que le Niger est un pays africain, donc dictatorial et mal géré, le pillage de son uranium est acceptable. «Trois questions: 1) Quand bien même Areva (entreprise publique à 94%, dont le principal client est une entreprise publique à 84%) payerait son uranium au prix fort, les sous iraient-ils au développement ou bien dans la poche de quelques dirigents nigériens ? Si la réponse est non, à quoi bon s'offusquer ? 2) Sur quoi a-t-on le plus de contrôle : la destination des aides ou celle des montants des concessions minières? 3) Où y a-t-il le moins d'intermédiaires qui se servent ?»
Les réactions d’un certain nombre d’abonnés du Monde – qui seuls ont le droit de commenter en ligne les articles publiés dans les éditions papier et électronique –sont frappantes et donnent une idée de ce que l’on pourrait appeler une nouvelle idéologie négrière. Refusant à grands cris la «repentance» à l’égard des crimes coloniaux du passé, l’école de pensée productrice de cette nouvelle idéologie se fonde sur une amnésie historique «décomplexée» et sur une vision du monde où la loi du plus fort doit être la meilleure dès lors que le plus fort n’est pas… les Etats-Unis !
Selon Bruno D., puisque le gouvernement nigérien est corrompu, autant mieux le voler – sans pour autant que ce vol soit un disqualifiant moral – et redistribuer au peuple nigérien selon des priorités décidées par les technocrates gérant une « aide » au développement dont le fondement idéologique emprunte à la geste d’Arsène Lupin, gentleman cambrioleur qui dépouille les riches pour donner aux pauvres. «Si le prix payé était celui de marché spot, pensez vous que le développement du Niger en serait amélioré ? Non bien sûr puisque ces recettes retournent immédiatement dans les banques occidentales», écrit, dans la même veine, un certain yfournier. Où l’on comprend tout l’investissement intellectuel mobilisé pour maintenir, dans l’esprit du citoyen occidental, l’image invariable du tyran africain assoiffé de sang et prompt à déposer ses biens mal acquis dans des comptes en Suisse. Qu’est-ce qui justifierait donc les spoliations dont les pays africains sont victimes s’ils étaient dirigés par des chefs «normaux», ni pires ni meilleurs que leurs homologues des pays riches, où la corruption de l’élite politique est, elle aussi, assez préoccupante ? En réalité, dictateurs africains et néo négriers occidentaux sont des alliés objectifs. C’est pour cette raison qu’il n’y a aucune contradiction dans la pose de Nicolas Sarkozy, qui complexe la jeunesse africaine à Dakar, l’accusant de ne pas assez se dresser contre la corruption, pour ensuite encenser le «doyen» Omar Bongo au Gabon, caricature du type de dirigeants contre lesquels il serait urgent de se lever.
La nouvelle idéologie négrière a pour caractéristique de brandir, à tout propos et hors de propos, la «part de responsabilité» des Africains dans leur propre malheur. Le procédé est efficace pour deux raisons. Premièrement, de nombreux dirigeants africains ont montré au monde entier leur irresponsabilité chronique. Il n’est pas possible de ne pas en tenir compte. Deuxièmement, l’esprit humain est binaire. Pour discréditer une approche, il faut mettre en valeur l’évidence d’une approche visiblement opposée – même si les deux sont tout à fait complémentaires et permettent de comprendre la réalité. DavidX, lecteur du Monde, réagit ainsi à l’article de Guy Labertit : «Cette intervention pleine de bons sentiments fait l'impasse sur la responsabilité même des Nigériens et de leurs dirigeants dans la situation actuelle. Si le pays est dans une situation dramatique du point de vue économique, social, humain, il le doit avant tout à la façon dont il a géré ses affaires. Il est responsable de sa situation de faiblesse dont profite, sans beaucoup d'états d'âme, Areva. Nier la responsabilité première des Africains, c'est faire preuve de néo-colonialisme». DavidX ne prouve rien, mais présente une fausse évidence : qu’est-ce qui lui permet donc d’imposer, comme première cause de la pauvreté du Niger, des causes endogènes ? Connaît-il l’histoire de ce pays et surtout des rapports de force dans ce pays ? Jérôme F, quant à lui, évoque le monopole historique d’Areva comme une banale question de gouvernance. «Je ne vois pas pourquoi l'auteur met en cause l'ONU dans ce article. Il semble que le rapport de forces clairement défavorable au Niger provienne d'un monopole d'Areva. Dans ce cas donner des licences d'exploitation à d'autres entreprises est la bonne piste d'amélioration. Malheureusement tant que les mines des concurrents ne sont pas ouvertes Areva est toujours en monopole. Ici le problème semble venir d'une mauvaise gestion passée, et il faut du temps pour la remettre en cause.» Jérôme F sait-il que ce monopole date d’avril 1961, soit moins d’un an après des indépendances négociées par des dirigeants choisis par l’ancien colonisateur lui-même ? Sait-il que le premier président nigérien, Amani Diori, a été renversé par ses anciens maîtres parce qu’il voulait remettre en cause le «deal» uranifère franco-nigérien ?
Certains abonnés du Monde, en commentant l’article de Guy Labertit font carrément preuve de cynisme. Stefool_2, se fondant sur la supériorité technologique de la France et jetant aux orties des notions aussi élémentaires que la propriété et la souveraineté des Etats, affirme : «Des tonnes d'uranium sous la terre n'ont aucune valeur.» Puisque le Niger ne maîtrise pas les technologies d’extraction de l’uranium, il doit se contenter de ce qu’on lui donne. Lokantl, quant à lui, évoque le spectre de l’appauvrissement de la France, qui serait inéluctable si l’ordre mondial devenait plus juste : «C'est un peu facile de réduire ce problème à de méchantes entreprises. Areva = encore entreprise publique, donc l'Etat est complice. Or, l'Etat c'est le peuple dans nos démocraties. Donc nous bénéficions tous, au moins indirectement, des arrangements d'Areva. On peut en revanche rester vigilant, dénoncer les excès, et ne pas reconduire ceux qui pratiquent cette politique. Mais sommes nous prêt à remettre en cause fondamentalement nos modes de vie, conséquences obligées d'un monde plus égalitaire ?» Et si c’était cette peur diffuse du déclassement d’un vieil Empire colonial qui expliquait le succès de la nouvelle idéologie négrière ?
Il ne faut pas désespérer. En France, certains esprits gardent le sens de la justice. Leur esprit peut encore se permettre de saines colères. DH écrit : «Article utile, réactions d'un cynisme troublant! Les mêmes sans doute soutiennent l'expulsion d'immigrés venus des pays spoliés par ces grands groupes. Le riche n'envisage jamais de remettre en cause son mode de vie fondé souvent sur la spoliation de l'autre. En quelque sorte la France, si fière de ses centrales nucléaires, obtient du plus pauvre au monde, africain, de "l'aide"pour financer ses efforts de réduction des gaz à effet de serre !». Lave Plus Blanc met les pieds dans le plat : «Agréablement surpris de trouver un article d'une telle qualité dans Le Monde, je conçois que ses "lecteurs", toujours aussi ignorants des réalités de la bourse aux matières premières dont les prix sont fixés à Londres (et non à Niamey), parlent de "la responsabilité première des Africains". A leurs yeux embrouillés, la France, qui tira sa puissance de son empire colonial, doit le rester, et continuer de traiter en "esclaves" ses fournisseurs d'énergie. Négriers, et fiers de l'être.»
PS : Sur la photo d'illustration, Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.
Commentaires
ideologie negriere: tant mieux !
Oui, tant mieux que ces messieurs "civilises" se lachent. Enfin !
Ce n'est que comme ca aussi que certains africains finiront pas comprendre qu'ils doivent se prendre en main.
Cette episode du Niger nous montre finalement que la soit-disante independance energetique de la France que De Gaulle a arrache au prix de martyrs en Afrique, ne tient plus qu'a un fil.
Coupe ce fil, et les quidams du genre Bruno D seront les premiers a se sentir perdu.
LA NOTION DE RESPONSABILITE COLLECTIVE.
J'ai l'habitude de dire que dans une democratie, les citoyens sont a un degre eleve comptables de la gestion des gens qu'ils ont mandate pour gerer la collectivite.
Aussi je ne suis nullement surpris des reactions des lecteurs du Monde aux agissements crapuleux de leur gouvernement et de leurs entreprises en Afrique. Des Africains naifs ont coutume de dire que si les populations dans les pays democratiques ne reagissent pas souvent face aux agissements de leurs gouvernements en Afrique c'est parce qu'elles ne sont pas informees, ce qui est faut. Ces populations sont bien plus conscientes qu'on ne l'avoue souvent de leurs interets, elles sont conscientes que les fruits des rapines de leurs gouvernements et de leurs entreprises dans les pays pauvres contribuent a la prosperite de leurs pays et a leur bien etre.
Les naifs ce sont ceux qui pensent sincerement que ces populations ne sont pas au courant.
Cynisme ou Ignorance ?
YETNA : est-ce seulement une question de naïveté des uns et de cynisme des autres ? Il est tout de même aisé de constater (ici dans les réactions des abonnés au Monde, ou ailleurs) que les citoyens de pays dits "démocratiques" sont généralement mal informés des crapuleries de leurs gouvernements. Il y va du succès même des opérations de prédations exo-nationales qu'elles soient sues du moins de personnes possible. Au demeurant, ce point peut être concrètement étayé : les "Affaires africaines" du gouvernement français (quelqu'il soit) sont généralement soustraites des débats parlementaires ; administrées par un groupuscule de personnel semi-officiel n'ayant de compte à rendre qu'à leurs commanditaires.
Par ailleurs, des officines publiques ou sémi-privées (académiques, médiatiques, barbouzardes, etc.) sont installées en vue de maintenir les citoyens dans cette ignorance institutionnalisée des comportements criminogènes séculaires de leur Etat : l'escavlage, la colonisation, le code noir, le code de l'indigénat, les coups d'Etat orchestrés en Afrique, etc. sont des sujets très peu abordés à l'école, dans les journaux et ailleurs ; sauf de manière toujours particulièrement biaisée, dénégationniste ou mensongère...
Pour autant, la question peut se poser de savoir si une meilleure connaissance des crimes et prédations par les citoyens des pays coupables aurait une incidence radicale sur ces faits. Là aussi, le cynisme de nombre de ces citoyens est bien documenté, et indique que la réponse à une telle question n'est pas complètement acquise à l'avance. J'ai déjà entendu Jacques Marseille (prof d'éco à la Sorbonne) expliquer doctement à la télé que si l'Afrique disparaissait, personne ne s'en appercevrait ; tant cette Afrique compte pour rien dans les échanges économiques internationaux (en valeur) : donc, ce cynisme possède aussi ses thuriféraires, non des moindres, parmi les soit-disant intellectuels ayant pignon sur rue dans ces pays prétendument démocratiques ; Jacques Marseille étant l'une des orielles de Sarkozy en matière d'analyse économique...
Sur Démocratie : c'est trop facilement qu'on accorde à des pays comme la France d'être démocratiques, lors qu'ils ne le sont pas tant qu'ils le prétendent ; sauf à réduire la démocratie aux rapports de droit entre citoyens à l'intérieur du pays, en faisant fi des relations criminogènes séculaires établis par ledit pays avec d'autres nations du monde. Viols, éventrations, pillages, génocides (des Amérendiens), coups d'Etat, assassinats politiques, orchestration de rébellions sont des modalités récurrentes du rapport aux autres nations. Ce qui limite considérablement la nature démocratique des pays qui en vivent. Outre qu'à l'intérieur même de leur territoire, tout n'est pas si paisible et démocratique...
Nonobstant, aujourd'hui et a fortiori demain, la structure des relations franco-africaines évoluera indépendamment des intérêts et gouvernements français ; lesquels y auront une bien moindre emprise, au regard de l'atrophie inéluctable de l'influence internationale de la France provincialisée progressivement par le processus d'unification politique européenne et la montée de puissances concurrentes/alternatives comme la Chine, l'Inde, l'Iran, l'Indonésie, le Brésil, l'Afrique du Sud, etc. Dans ce contexte à venir, qui est déjà en ébauche, les citoyens français ont intérêt à mieux comprendre ce qu'il se passe et à contribuer à changer les choses, s'ils ne veulent pas devenir les futurs dindons d'une farce dont ils ont été jusqu'à présent les principaux bénéficiaires conscients ou non : les délocalisations, la concurrence économico-industrielle chinoise, la (mini)crise de l'uranium et des matières premières, etc. acculent les uns et les autres à une meilleurs connaissance des événements qu'ils pouvaient auparavant se payer le luxe d'ignorer. Ce regain d'intérêt des citoyens pour les relations internationales prédatrices est de plus en plus visible, notamment dans les mouvements alter-mondialistes, dans l'action des associations comme Survie ou CADTM, etc.
Le combat pour l'indépendance économique doit se poursuivre
Le sujet du jour est révélateur de la complexité des défis auxquels font face les pays en voie de développement pour prendre en main leur propre destin.Le Niger, pays pauvre le plus pauvre du monde,est spolié des revenus de sa seule matière première (l'uranium)sans que cela ne scandalise personne:le monopole français sur ce produit date quand même de plus de quarante (40)ans.Quand implicitement motivé par le combat des patriotes ivoiriens,le gouvernement nigérien décide de diversifier ses partenaires dans l'exploitation de son uranium,la France impérialiste,fidèle à son habitude,suscite une rébellion pour punir les autorités nigériennes qui ont l'outrecuidance de menacer son monopole.
Je suis triste de constater que devant cette injustice dont est victime le peuple nigérien,l'absence de réaction de la CEDEAO et de l'UNION AFRICAINE.Nous devons manifester notre solidarité à ce peuple frère qui a enfin compris qu'il est nécessaire de mettre un terme par tous les moyens au monopole français,seule voie pour se sortir de la misère.
To Be or not To Be
Salut,
La dernière phrase d'Axelle Kabou (dans son ouvrage "Et si l'Afrique refusait le Développement?") est ainsi libellée: "l'Afrique du XXI siècle sera rationnelle ou ne sera pas". Cela me rappelle le débat ayant opposé les philosophes africains aux lendemains des indépendances entre technicistes et adeptes de la revalorisation culturelle.
Le problème de l'Afrique est si complexe qu'on se perd facilement en conjectures. Je crois cependant qu'il faut éviter le discours disjonctif. Les responsabilités sont partagées. Je crois que NOTRE problème se trouve ailleurs.
Comment trouver les moyens politiques, économiques, militaires, scientifiques, techniques... afin de trouver des éléments de reponse à nos problèmes?
Il n'y a pas et il n'y aura jamais de morale dans les relations internationales. Il nous revient à NOUS de trouver les moyens de nous en sortir. C'est en cela qu'il faut envisager sérieusement les regroupements économiques sous-réginaux et envisager sérieusement les autres étapes pour en arriver à une Union Africaine véritable.
C'est à ce prix seulement que nous survivrons. Sinon, avec ces micro-Etats, ces Etats fantoches avec des politiciens aussi irresponsables les uns que les autres, les lendemains chantant ne sont pas pour demain.
D'ici là, la résistance contre la France et autres prédateurs ne sera pas du tout aisée. Elle sera bcp plus intellectuelle que réelle!
un changement radicale
c'est a cette france la sans coeur que certains hommes politiques ivoiriens depassés s'accrochent desesperement pour revenir au pouvoir par la vertu du coup d'etat...on comprend tout a present,les presidents democrates selon le quai d'orsay c'est ceux qui ferment les yeux pour laisser spolier leur pays,pauvre afrique quand comprendras-tu cela...une chose est certaine nous en cote d'ivoire on a compris quelque soit le regime qui sera en place plus jamais on ne laissera faire, sont avertis les futurs presidents plus francophiles que nationalistes.
Irrationnelle, amorale...
Levy, permets d'extraire ces deux phrases de ton intervention par ailleurs fort à propos...
* "l'Afrique du XXI siècle sera rationnelle ou ne sera pas" : Le discours d'Axelle Kabou dans l'ouvrage que tu cites n'est certainement pas des plus féconds qui aient été tenus sur l'Afrique. Cela rappelle la fameuse proposition de Senghor "la raison est hélène, l'émotion nègre" (en substance). Trop d'intellectuels africains ont allègrement confonfu leur propre incapacité à comprendre les phénomènes politiques du continent avec une prétendue "irrationalité" immanente desdits phénomènes, ou de leurs causes et protagonistes. Pourtant, on apprend très tôt à l'école que tout événement comporte ses propres raisons d'être. Aussi peut-on échoué à connaître lesdites raisons si l'on chausse des lunettes inadaptées, ie des grilles d'analyse extrinsèques, ou hallucinés, voire aliénés : "Peau noire, masque blanc"...
* "Il n'y a pas et il n'y aura jamais de morale dans les relations internationales."
En principe, les relations internationales, comme leur nom ne l'indique pas, sont des relations entre Etats ou groupement d'Etats : d'abord des relations entre institutions politiques, avant d'être des échanges commerciaux entre institutions privées (façon multinationales).
La configuration actuelle procède d'un mouvement historique séculaire d'expansion au Monde de l'Europe, par la Force des armes à des fins économiques, notamment de prédations de millions d'"esclaves" nègres, d'exploitation de territoires spoliés aux Amérindiens, puis de colonisation, entre autres, du continent africain. Les fondements de ce phénomène dit désormais de "mondialisation" n'ont effectivement rien à voir avec la morale...
Pour autant, si les relations entre Etats sont par nature des relations d'ordre politique, alors la morale est potentiellement contenue (au moins en germes) dans lesdites relations : la politique étant consubstanciellement une affaire de morale, où les hommes (libres) décident collectivement pour eux-mêmes ce qui est bien/avantageux ou mal/nocif dans un espace-temps donné...
Bref, Levy, que les relations internationales telles qu'elles sont soient amorales depuis 500 ans, n'est pas une raison suffisante pour décréter (?) qu'elles ne pourraient "jamais" devenir morales. En tout cas, je trouve cette assertion trop péremptoire, et certainement imprudente...
A part ça, ya foye!
Sinon un lien où l'on trouve souvent des articles décryptant la rationalité indéniable de ce qu'il se passe en Afrique (et ailleurs...).
http://www.cadtm.org/spip.php?article2762
La grande cabale
La grande cabale.
Elle commence pour la chine .Ouvrez bien les yeux ,ce n'est que le début .Vous serez situés dans les mois à venir .Après la chine ,à qui le tour selon vous?
La Communauté internationale (I): les "uns", les "autres", les "c'est pas grave", les "ça fait rien", les "etc"...
Salut,
Puisque Ogo veut bien reveiller ce débat, faisons-le!
Les explosions des bombes atomiques américaines les 06 et 09 août 1945 ont fait savoir au monde entier qu'on ne saurait s'en prendre aux USA et s'en tirer comme...à la Rue Princesse. Depuis lors, la puissance militaire s'impose comme le premier critère devant conditionner la survie d'un Etat ou de l'entité politique qu'elle protège.
Qu'on ne s'y tompe pas: ceux qui n'ont pas cette force sont voués à être "punis" à tout moment, à être soumis; au pis des cas à disparaître.
Avec cette puissance de destruction inégale, ceux qui la possèdent (les grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale) vont prendre les rênes des décisions mondiales. Du coup, les USA (1945), la Russie (1949), l'Angleterre (1952), la France (1960), la Chine (1964) se présentent comme les "uns" avec leur droit de veto!
A leur côté se positionnent les puissants filleuls possédant ou pas ce puissant sésame. Ce sont: le Japon, Israel (1960), l'Inde (1974), le Pakistan (1979) et quelques autres se présentent comme les "autres"; ceux dont on ne peut facilement marcher sur les pieds dans l'arène internationale.
A côté d'eux formille la grande famille des "c'est pas grave, ça fait rien" et autres "etc": ceux qu'on peut violer, violenter, voler sans crainte; ceux qu'on peut attaquer parce qu'ils sont des "Etats voyous, l'axe du mal"; ceux qu'on peut emmerder en suscitant chez eux la rebellion, la chienlit sans remord, sans regret, sans repentir. Bref, ceux dont on ne marche pas simplement sur les pieds mais les couilles et qui n'ont pour réaction que d'invoquer leur Créateur à l'instar de la CI, du NIger, de la RDC...
Ogo, tu vois des traces de morale quelque part là?
PS: ce texte est fortement inspiré d'un texte de l'Ambassadeur Gnamien Yao!
Amorale aujourd'hui : amorale à jamais ?
Non, évidemment que les RI telles qu'elles sont depuis des siècles sont amorales (ou immorales) : je ne l'ai pas du tout nié.
En revanche, je dis qu'il est au principe même de la politique que d'énonce une idée de bien et de mal, collectivement admise/conçue par les citoyens ; en fonction de laquelle ceux-ci peuvent déterminer leurs rapports aux autres.
La politique est fondamentalement morale ; aussi n'est-ce pas parce que ses modalités de l'heure (une conjoncture tout de même séculaire) foule aux pieds toute morale qu'il est impossible d'en réhabiliter à jamais les fondements : ces choses sans dessus dessous PEUVENT être remises à l'endroit.
En avoir conscience est indispensable pour s'en donner les moyens pratiques ; tandis que se convaincre du contraire, c'est renoncer à essayer tant soit peu. Or, il est de l'intérêt même de nous autres qui pâtissons de ce Désordre International de contribuer à son dépassement vers des conditions d'un équilibre planétaire.
Et, mine de rien, nous avons suffisamment d'atouts pour ce faire : seule une petite minorité a intérêt au statu quo. Or, l'hégémonie séculaire de cette minorité est de plus en plus contestée. Or, sans esclaves/exploités, il ne peut y avoir de maîtres/exploiteurs. Or, avec une population vieillissante, les maîtres d'hier ne pourront pas indéfiniment assujetir des milliards de pauvres propriétaires de Droit des principales ressources de la Planète...
UNE NOUVELLE IDEOLOGIE NEGRIERE POPUR FAIRE DIVERSION
Les polémiques créees par Sarkozy de façon récurrente ou encore ce qu'il est convenu d'appeler ses "coups d'éclats permanents" sont une façon subtile de tout le temps noyer le poisson pour éviter d'aller en profondeur des vraies questions.
Quand il soulève un débat sur la repentance,c'est pour mieux focaliser les feux de l'actualité sur autre chose que le présent qui,lui, est véritablement brûlant! La repentance, en effet, ne peut concerner que ce qui est passé.Or ,même si le passé nous est cher, la priorité de tous les africains,c'est d'abord leur quotidien;donc leur présent.A ce niveau, il apparaît manifestement que le présent est fait d'agressions en tous genres perpétrées par la France.Agressions politico-militaires ;exemple la Côte d'Ivoire et depuis quelque temps le Mali et le Niger avec la résurgence quasi-inattendue de rébellions que l'on croyait jugulées (de toute évidence Paris fait un chantage souterrain par rébellions interposées pour des raisons que l'on devine ).Agression économique permanente avec le lien diabolique du franc CFA qui est l'escroquerie la plus subtile et la plus diaboliquement géniale de notre ère et par laquelle Paris anémie tous les pays Africains francophones des fruits de leurs labeurs sur la terre de leurs ancêtres.On pourrait citer à profusion de nombreux exemples mais limitons nous à ceux-ci. Pour toutes ces rapines et ces agissements lucifériens les africains sont,sur leur propre terre, confrontés à des problèmes de survie.
Voilà les vraies questions, les vrais débats ,les vrais poissons que Sarkozy essaie brillament et machiavéliquement de noyer par ses"coups d'éclats permanents." Appuyé par une machine de communication effisciente,il suscite des débats parallèles pour noyer les vrais débats.
Il appartient aux africains d'être vigilents pour déjouer ces ruses intellectuelles en ne se laissant pas emporter par les feintes de Sarkozy mais plutôt en prenant constamment l'initiative de ramener sur la scène de l'opinion les vraies questions qui dérangent Paris mais que nous devons absument discuter parce que notre avenir en dépend.Gardons à l'esprit que nous sommes dans une guerre d'intelligence.
Pillage depuis si longtemps des pays africains par la France
J'ai appris ce matin sur rfi que le Niger va fournir 300 tonnes d'uranium à une société américaine sur une période de deux ans. Les recettes que le Niger va tirer de cette opération est de 24 milliards de francs CFA soit un peu plus de 36 millions et demi d'euros. Les calculs font ressortir un prix au kilo d'uranium de 121,96 euros!!!! Alors que tout récemment Areva dit avoir fait des efforts énormes pour le Niger en lui prenant son uranium à 40 000 frans CFA (soit 60,98 euros) le kilo. Ainsi depuis presque 40 ans la France s'est mise à sucer la sueur et le sang d'un pays dit ami et frère. Alors qu'elle France est la 6ème puissance mondiale, le Niger qu'elle exploite est l'un des pays les plus pauvres au monde.
Pour moi tout ceci est une bonne leçon pour certains dirigeants africains qui développent un sentiment d'infériorité et un complexe incroyable quand ils se retrouvent en face du blanc. Nombre d'entre eux n'ont aucune couille à défendre leur propre opinion quand ils se retrouvent devant un blanc. Dites-moi: quel type d'équipement et expertise Areva utilise pour extraire l'uranium du Niger que ce dit Niger ne peut acquérir pour exploiter son propre uranium? Oui j'aimerais bien savoir surtout que l'uranium ce n'est pas le cacao ou le café. Le Niger peut avoir ou se faire financer pour acquérir le matériel. Quand à l'expertise, depuis 50 ans le Niger pouvait former des nigériens dans le domaine de l'uranium. Et si pour une raison ou une autre aucun nigérien ne peut être formé, pourquoi le Niger ne se tournerait pas vers l'expertise étrangère mais pa française?
Pendant 50 ans les dirigeants se sont succédés à la tête du NIger sans rien apporter à son peuple. Trouillards qu'ils ont tous été, ils ont vendu leur pays à vil prix. Il faut les voir à se précipiter à acceuillir de simples pauvres ministres français de passage. Il faut "raser" toute cette race de dirigeants qui font honte à l'Afrique.
Je prends !
Si monsieur continue de permettre, celui-ci, "La nouvelle idéologie négrière", pour commencer, je vais le mettre de ce pas en ligne sur le site du Gri-Gri.
Au fait, pensez-vous cher ami que nous pourrions procéder à un échange de lien entre nos sites/blogs ?
Bon courage !
A+
GP
A Gregory...
D'accord comme d'hab. Mais écris moi sur mon mail (tkouamouo@gmail.com) pour qu'on en parle en profondeur.
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