La France, alors dirigée par Jacques Chirac, tentait et ratait un coup d'Etat en pleine journée à Abidjan. Des patriotes de tous âges et de toutes conditions lui barraient le chemin, et indiquaient à la face du monde que les choses avaient changé, et qu'il fallait désormais plus que quelques colonnes tricolores pour changer le cours de l'Histoire en Afrique.

Certains des héros de novembre sont passés aujourd'hui de vie à trépas, tués dans la fleur de l'âge par les héritiers d'Angoulvant. La Côte d'Ivoire et l'Afrique les célébreront bientôt de manière plus forte que dans la période que nous vivons, qui est à mon avis non un moment de "grande trahison" mais un moment de digestion de l'Histoire. Les enjeux immédiats sont trop liés à la quête ou à la conservation du pouvoir pour que l'intelligence collective se soucie de manière centrale de la mémoire à long terme. Encore qu'il ne faut pas négliger ces enjeux. Que deviendrait la résistance ivoirienne si le processus de paix actuel s'achevait par une victoire (électorale ou armée) des suppôts locaux de la Françafrique, qui se réjouissaient ouvertement, en novembre 2004, de l'assaut chiraquien contre nos vies et notre dignité bafouée ? L'Histoire suit son cours. "La fin d'une chose vaut mieux que son commencement", disent les Saintes Ecritures.

Pour rendre hommage à tous ceux dont les jeunes vies ont été fauchées en ce novembre sanglant d'il y a trois ans, écoutons ce "David contre Goliath" plein d'humour et de défi du "Collectif Zouglou".