MongaC'est une des figures intellectuelles qui a marqué l'adolescence des gens de ma génération, au Cameroun. "Jeune insolent" du printemps démocratique, chroniqueur talentueux dans la presse nationale et panafricaine, il a été jeté en prison pour avoir écrit une lettre ouverte trop corsée au président Paul Biya dans Le Messager. Le procès Monga-Njawé est arrivé, et a eu la même intensité que celui relatif aux événements du 18 février 1992 en Côte d'Ivoire. C'était une période de rêves fous...

Mais l'Histoire a balbutié, et Paul Biya a profité de l'hostilité de la France à l'égard de la démocratie dans son pré carré et des désunions d'une opposition et d'une société civile immature pour s'imposer et verrouiller son pouvoir. Alors, que s'est-il passé ? Qui a fauté ? Célestin Monga, qui est aujourd'hui conseiller à la Banque mondiale, s'interroge et fait le bilan dans un livre intitulé "Un bantou à Washington", édité aux éditions PUF en France. Au passage, l'on conseillera à l'auteur et aux autres intellectuels camerounais d'éditer à la fois en Europe (pour le marché occidental) et en Afrique, où ils peuvent réussir à vendre un livre à 3000 F et donc donner l'opportunité à un large public d'étudiants et de jeunes travailleurs de les lire.

Rue 89, le site d'information en continu de Pierre Haski - dont le regard sur l'Afrique est intéressant, ce qui est rare au sein de la presse française -, donne la parole à Monga. L'intellectuel camerounais en profite pour évoquer le processus démocratique en Côte d'Ivoire et la figure de Laurent Gbagbo dans l'opposition. Passionnant. Cliquez plus bas :

http://www.rue89.com/2007/11/12/celestin-monga-lafrique-la-france-et-le-regard-dun-bantou